Art de vivre, Société

[Art de vivre] Coupable de ne rien faire

J’avais oublié à quel point rien faire faisait du bien.

De nature organisée, j’adore rentabiliser mon temps et vivre à fond. Si je ne travaille pas, je suis sur un contrat de photo, ou en train de les retoucher, y’a pas 36 possibilités. MAIS LÀ, AUJOURD’HUI, on est samedi et j’ai pu me lever à 9h pis rester en pyjama. J’ai même eu le temps de finir mon café et de commencer le nouveau livre d’Alexandre Champagne. 

Alors dis-moi, pourquoi je me sens coupable ?

Crédit photo: Justin Boyer

Je me questionne sur l’importance que l’on accorde au travail, mais aussi aux passions et passe-temps que l’on a. Bien que j’adore photographier chaque petits moments, que ce soit pour moi, ma famille ou mes amis. Même lorsque je travaille (peut-on vraiment appeler ça un travail?), je donne mon 100% à mes clients afin de leur faire revivre leur bonheur au travers mes photos. Quand je suis adjointe, je m’assure que rien n’est laissé au hasard et que chaque petite tâche soit effectuée afin que ma patronne puisse bien travailler. Malgré tout ça, tous les efforts que je fais plus de 50 heures semaine, pourquoi je ne pourrais pas profiter de la tranquillité d’un samedi matin ensoleillé ?

Nous grandissons en se faisant dire : « Awaille go, dors pas jusqu’à midi ! » ou encore : « T’aurais pu sortir de la maison aujourd’hui et aller au parc, faire ci, faire cela. » Je veux bien croire qu’un moment donné un parent doit imposer une cure d’écran pour ses jeunes, mais y’a pas une limite ? 

Papa, maman, que je reste assise sur le divan, couchée dans mon lit ou bien étendue dans le gazon pendant des heures, je vous jure que je vais devenir une bonne personne pareil. Je vais aller à l’école et jamais (lol) abuser des bonnes choses. Je vais faire le bien autour de moi et accumuler les échecs pour me faire une carapace pour garder mes victoires à l’abri. Si je suis prestataire de l’aide sociale dans ma vie, je vous jure qu’il n’y aura pas de corrélation direct avec l’après-midi passé au soleil l’été de mes 14 ans.

Maintenant que j’ai 22 ans et que je vole de mes propres ailes, je me sens mal de rester assise devant Netflix alors qu’il fait beau dehors. Les possibilités d’activités et de plans de fou pour cette belle journée automnale sont multiples, j’aurais pu faire des heures supplémentaires ou prendre un énième contrat mariage aujourd’hui. J’aurais pu travailler plus fort pour mes REER ou aider mon voisin à ramasser les feuilles mortes sur son terrain ou aller m’entrainer. J’aurais pu, j’aurais pu. 

Des fois, il faut faire abstraction de ce que les autres voudraient pour nous, le meilleure certes, mais c’est quoi le meilleur ?

C’est travailler comme un fou, courir tous les matins à 6h, aller avec les enfants aux cours de natation ? C’est sortir le jeudi-vendredi-samedi afin de voir tous ses amis au moins une fois dans l’année. C’est dormir 3h par nuit afin de concilier la vie sociale et familiale, le travail, l’école ainsi que notre vie amoureuse.

Puis y’a moi, un samedi matin qui ne sais pas quoi faire de sa peau. La culpabilité me consume parce que je profite de mon appartement et des bisous de mon chat, c’est pas censé être normal ces affaires là ?

On est tous là à se comparer, à chercher qui a la vie la plus parfaite et la plus nice, mais le seul critère devrait être de vivre comme on en a envie ? Je laisse donc ma culpabilité de coté et je vais aller (enfin) faire mes biscuits à la citrouille, qui en veut ?

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