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[Bédaine & Mascara] Une mère invincible

La maternité, les showers, les bébés naissants, j’avoue que que ça m’a toujours plutôt angoissée. J’entendais la chanson Une mère de Lynda Lemay :

Une mère 
Ça travaille à  temps plein, ça dort un œil ouvert 
C’est d’garde comme un chien 
Ça court au moindre petit bruit, ça s’lève au petit jour 
Ça fait des petites nuits. 
C’est vrai, ça crève de fatigue 
Ça danse à  tout jamais une éternelle gigue 
Ça reste auprès de sa couvée 
Au prix de sa jeunesse, au prix de sa beauté. 

Pis je me disais : «Ouan, ça a pas l’air ben ben reposant.»

Et il n’y a pas juste Lynda qui laissait croire qu’avoir une progéniture, c’était difficile. Les amis qui en ont aussi. Le Pas de sommeil-allaitement-changement de couches-gestion de pleurs-vie de couple réduite, j’en ai entendu parler maintes et maintes fois.

Mais là, le temps qui passe et mon rêve d’avoir une famille (je suis de celles qui versent une larme à chaque épisode des séries Parenthood et This Is Us parce que je trouve ça don beau la Famille avec un grand F) ont fini par surpasser les paroles de mes amis et de Lynda Lemay.

Puis, la nature a été de mon bord et j’ai eu un bébé le 14 avril 2017. Une belle petite fille en santé.

Et BANG. Je suis entrée dans la maternité. À mon tour de vivre le Pas de sommeil-allaitement-changement de couches-gestion de pleurs-vie de couple réduite.

Parenthèse : avant d’entrer dans la maternité, j’étais plutôt du genre Dormir correct-sortir beaucoup-travailler en masse parce que j’aime mon travail-voir mes amis-prendre un, deux, trois, huit verres-courir-faire du yoga-aller au cinéma-et etc.

Une fois bébé arrivé, je me disais que j’allais respirer par le nez et que je pourrais faire un mélange de ma vie d’avant et de ma nouvelle vie avec un genre de Pas de sommeil-voir les amis-allaitement-marche-yoga-cardio-poussette-changement de couches-un peu de travail-gestion de pleurs-vie de couple correcte.

Et REBANG. Après 3 mois dans la maternité, j’essayais de respirer par le nez, pis l’air ne passait plus. Mes journées ressemblaient à Insomnie-essoufflement-survie pour m’occuper de ma petite, à qui j’ai toujours tenté de montrer mon plus grand sourire malgré tout.

J’ai consulté le médecin. Plusieurs fois. J’ai fait des aller-retours à la clinique et à l’urgence, me disant : ils vont bien finir par mettre le doigt sur ce qui me rend si essoufflée.

Il se trouve finalement que j’étais en parfaite santé et que la peur d’avoir peur de ne plus respirer et de ne pas pouvoir m’occuper de mon bébé avait pris le dessus.

Je suis ce genre de personne qui a vécu certaines périodes anxiogènes dans le passé. Mais je me disais que cette fois-ci, parce que j’avais un bébé, je ne pouvais pas repasser par là. Il y avait sûrement une raison médicale autre pour expliquer ma difficulté à respirer.

Hélas. Non. J’ai réalisé que devenir mère ne rend pas invincible et que ça peut aussi être un côté de la maternité : pleurer, se sentir épuisée, étouffée, à bout.

Honnêtement, je la trouve pas si pire la game du Pas de sommeil-allaitement-changement de couches-gestion de pleurs-vie de couple réduite. Ton enfant te sourit une fois pis tu oublies tous ces petits maux. Mais la game de faire semblant que tout va numéro 1 et qu’un bébé c’est juste de la cuteness et du gros bonheur entre deux changements de couches, peut-on arrêter de vouloir la gagner?

L’important, c’est de participer qui disent, non?

Comme Gabrielle Caron l’a déjà si bien écrit : Tu viens de donner la vie, donne-toi un break.

Fait que c’est ça, je me suis donnée un break. Je respire beaucoup mieux maintenant. Et je profite de tout le temps passé avec ma nouvelle venue, du Pas de sommeil au changement de couches en passant par les découvertes quotidiennes que m’offre l’entrée dans la maternité.

Pis aussi, je n’écoute plus de Lynda Lemay.

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