Bédaine & Mascara

[Bédaine&Mascara] Les Chroniques de Paulychinelle : Si seulement…

Avouez, vous attendiez avec impatience de savoir si l’insémination avec MonLove a porté fruit! Eh bien, j’avais prévu vous annoncer ça dans le coin de Noël, mais vu les événements, je vous en parle aujourd’hui. Alors vous aurez deviné, mes symptômes étaient bel et bien ceux d’une grossesse! Eh oui, à la date prévue de mes dernières menstruations, j’ai fait deux tests de grossesse et ils disaient la même chose : enceinte. Quel bonheur.

Ma face contente.

Ma face contente.

Oui, mais bonheur de courte durée. Malheureusement.

On dit que près de 20% des femmes feront une fausse couche dans les 3 premiers mois de grossesse. Bien évidemment, je fais partie du pourcentage.  C’est ainsi que, le lundi de la première tempête de neige, j’ai roulé sur une plaque de glace en me rendant travailler. Dans une manœuvre instinctive, j’ai mené ma voiture dans le fossé, à l’opposé du poteau dans lequel j’allais foncer. Lucky me. Un 7 secondes de stress intense où je me répétais en boucle «Non non non non non non non, pas moi». Oui, moi.

crédit: moi.

Crédit : moi.

Je l’ai su tout de suite en atterrissant dans le fond du fossé entre deux autoroutes. Un mal de ventre sourd m’a prise d’assaut. Je me suis mise à pleurer. À cause du choc de ma sortie de route, mais aussi à cause de ce pressentiment. Pressentiment que j’ai essayé d’étouffer toute la journée, couchée devant ma série préférée avec mes animaux, à essayer de relaxer. Pressentiment qui a été confirmé en début de soirée quand le mal de ventre qui me tenaillait depuis le matin est devenue plus intense et que j’ai commencé à expulser des caillots de sang à la toilette. Je faisais une fausse couche, à 6 semaines de grossesse, alors que je commençais à peine à y croire.

Nous sommes restés longtemps ainsi, moi assise sur la toilette à sangloter et MonLove assis par terre devant moi à me tenir la main. Ça fait déjà une semaine que j’ai encore mal à l’âme. Les gens ne cessent de me répéter qu’on peut en faire un autre, maintenant on sait que nous sommes fertiles. Oui, bien sûr. Mais rien n’empêche que le cœur me pince quand je vois une autre fille de mon entourage annoncer sur Facebook qu’elle attend un bébé pour juin. Ça aurait été moi ça, dans un mois, à annoncer la venue de notre bébé pour juillet. Si seulement…

Si seulement quoi? Si seulement je n’avais pas pris l’autoroute ce matin là? Si seulement j’avais bu moins de café? Si seulement j’avais commencé à faire du yoga? Si seulement… La culpabilité embarque. Pourtant on se le répète; s’il a décroché, c’est peut-être qu’il n’était pas bien fort? Peut-être allait-il décrocher ce même jour, accident de voiture ou pas? On ne le saura jamais. Faut vivre avec.

Et l’ironie, c’est encore et toujours l’histoire de mon année chanceuse, qui ne l’est pas du tout. Car imaginez-vous donc que cette année là se terminait ce week-end. Eh oui, le 26 j’ai eu 27 ans. C’était une célébration douce amère, à me réjouir que cette année soit enfin terminée, à fêter entourée de gens que j’aime, et à pleurer le soir venu à la pensée de ce bébé qui ne naîtra pas en juillet. Mais nous tenons bon, cet échec n’est qu’une preuve que je suis capable de tomber enceinte de cet homme que j’aime tant. Je me dis que c’est une grande déception qui va me faire apprécier encore plus la fois que nous allons enfin réussir, que nous allons tenir nous aussi la photo de notre échographie, fébriles à l’idée d’annoncer la bonne nouvelle à tout le monde.

Pour l’instant, j’aimerais dire à quel point je suis reconnaissante d’être si bien entourée de gens qui me font sentir qu’ils m’aiment et que je suis importante. On dit souvent que le filet social est primordial lors de périodes difficiles, croyez-moi, il est indispensable. Et c’est dans des moments comme ceux-là que je me rends compte que j’ai beau avoir perdu des alliés sur le chemin de la vie, ceux qui me restent sont des joyaux. Merci.

On lâche pas.

On lâche pas.

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