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[Danse] Si vous n’avez qu’un show à voir cette année : Grand Finale

Si vous ne vous payez qu’un spectacle cette année, il faut que ce soit Grand Finale de la Hofesh Shechter Company. Je ne sais pas ce que Danse Danse a mangé pour nous offrir une programmation 2017 aussi spectaculaire, mais je vais de bonheur en ravissement cet automne. Quelle saison! Jusqu’à maintenant, c’est un succès après l’autre pour les compagnies de danse qui se succèdent sur la scène du Théâtre Maisonneuve et de la Cinquième Salle. Mais je n’ai jamais vu si complet triomphe que le chef d’œuvre d’hier soir.

À la fin du spectacle, on aurait juré que l’auditoire n’attendait que la tombée du rideau pour se lever comme des ressorts, les yeux pleins d’étoiles et l’applaudissement en délire. Les artistes ont dû revenir 4 fois sur scène avant que ne se calment finalement le tonnerre grondant de spectateurs conquis et les cris aigus d’amateurs de danse enthousiastes.

Mais voilà, comment décrire la chose?

C’est une expérience scénographique avant tout. Les jeux de lumières magistraux vous plongent dans une atmosphère mystérieuse, la musique (composée par nul autre que le chorégraphe lui-même et interprétée par un quintette live où les cordes prédominent), est empreinte d’un mysticisme hypnotisant et monte en crescendos plein d’espoirs avant de redevenir un murmure dans la noirceur et la fumée de la scène.

Crédit photo : rrahi_rezvani

Une scéno tellement impressionante que je me suis sérieusement prise à penser, en plein show, qu’autant de talent pour visualiser et créer l’ensemble forçait l’humilité. Cet éclairage incroyable, doublé de la chorégraphie magnifique et de l’interprétation expressive des danseurs, crée des zones d’émotion comme j’en ai rarement vécu pendant une représentation.

Les yeux mouillés, une boule dans la gorge, j’ai été bouleversée par ce moment où quelques danseurs tentaient sans succès de raviver leur partenaire cadavérique qui se laissait systématiquement choir au sol, la prendre dans leurs bras et la bercer, tenter de danser autour d’elle pour lui montrer la beauté du mouvement… Ou encore lorsqu’un groupe de danseurs, enfermé entre les murs de ce qui semble représenter le carcan social et les épreuves de la vie, décident de continuer à danser après avoir compris qu’ils ne pourraient en sortir. Des moments particulièrement émouvants.

Ces murs, justement, sont un autre élément époustouflant de ce décor mystérieux : de grands panneaux noirs qui se meuvent sur la scène au gré des enchaînements et tantôt enferment les danseurs, tantôt les divisent ou les rassemblent. Des dieux intransigeants devant lesquels on s’agenouille, des menhirs sacrés qui forment un cercle protecteur autour de la communauté ou un Stonehendge maudit duquel on ne sort qu’à ses risques et périls… D’immenses panneaux, donc, qui structurent l’espace et dérobent les musiciens et les danseurs aux regard du public pour les déposer plus loin, sur cette scène où tout se meût.

Crédit photo : rrahi_rezvani

Et la chorégraphie, qu’en dire! Un style unique et pluriel, une asynchronie planifiée qui laisse parfois des danseurs derrière, les reprend au gré des élans. Une magnifique métaphore de la vie, du désespoir comme de l’optimisme de l’Homme, des épreuves et des combats de l’humanité contre elle-même, mais à l’échelle de quelques cœurs. En dehors des moments d’humidité oculaire émotive, une polyvalence et une qualité chorégraphique qui m’asséchait les yeux tellement je n’en clignais pas, par peur de manquer quelque chose.

Si je ne devais recommander qu’un spectacle, ce serait celui-là. Et les fans Facebook de la page Danse Danse sont du même avis : courez-y.

Enfin bref, comme ils disent : Hofesh rocks.

Grand Finale de l’Hofesh Shechter Company. 1h 45 de pur délice, du 1er au 4 novembre.

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