Art de vivre, Histoire de filles

[Histoire de filles] L’art de ne jamais faire la bonne chose, ou l’inexistence du refus vertueux

Je ne sais pas si je suis la seule à vivre avec cette malédiction de ne jamais prendre les bonnes décisions dans les situations qui impliquent les sentiments des autres, mais les mots :

« Coudonc fais-tu exprès pour me faire de la peine!? » / « Toi anyways on sait jamais si on est ton ami ou si tu t’en câlisses » / « T’es juste égoïste dans le fond » / « T’as la chienne de l’engagement » et « Prends une fucking décision! » have been painfully spoken.

Je dis juste que j’ai un mal fou à gérer les relations interpersonnelles de façon saine et que j’ai vraiment l’impression que quand c’est pas moi qui finit par blesser l’autre par maladresse, c’est mon cœur qui se fait passer au broyeur. Pourtant, j’ai les meilleures intentions du monde. Sérieux.

Photo : librestock

Un ami de gars est amoureux de toi. Il te l’avoue. C’est arrivé à toutes les filles au moins une fois, ça. Ben t’as fait quoi, toi!? Parce que moi, manifestement, je suis pas bonne là-dedans.

La première fois, jouvenceau me dit « je ne veux pas que les choses changent ». Je dis « bien sûr, pas de problème».

On a continué à se voir souvent, à s’évacher l’un contre l’autre pour écouter des films et à se faire un gros câlin quand on se voyait. Je lui avais dit que je n’étais pas intéressée. J’ai fini par me faire lapider sur la place publique parce que je lui avais donné des faux espoirs. Il m’a reniée et on s’est perdus de vue.

La deuxième fois, damoiseau me dit « je pense pas qu’on peut continuer de se voir, ça me rend trop triste ». Je dis « ok, ça me fait de la peine mais je comprends ».

J’ai arrêté de l’appeler et j’ai vécu le deuil d’une amitié, pour ensuite me faire reprocher de ne pas m’être battue pour lui et d’avoir été une séductrice sans égards qui avait droppé son cœur sur un plancher de béton dès qu’il m’avait avoué ses sentiments.

La troisième fois, gentilhomme me dit « es-tu bien sûre? ». Je lui dis « je vais bien y penser ». Finalement, c’était quand même non.

J’étais une manipulatrice agace qui lui avait fait perdre son temps. Il me déteste encore.

Finalement, un oiseau me dit « je t’aimerai toujours, mais je comprends qu’on ne peut pas être ensemble ». Je dis « qu’est-ce que je fais? », il répond « continue à vivre ».

Mais chaque fois que j’en touche un autre, il souffre de n’être pas celui-là. Si j’essaie de le consoler, il souffre d’espoir. Si je coupe les ponts, il souffre, je souffre, nous souffrons. Si je changeais d’avis, il souffrirait de tout ce temps passé dans la désillusion. Si je l’aimais pour toujours, il souffrirait du doute, de ne pas me faire confiance.

Photo : librestock

Alors quoi?

Est-ce que les cœurs qui aiment sont condamnés à la douleur, indépendamment des soins que leur prodigue l’être aimé? Ou c’est juste moi qui, comme on essaie de ramasser une brassée de linge trop grosse pour nos bras, échappe systématiquement les beaux sentiments sur le parquet de la salle de lavage?

Une autre piste de solution : les cœurs amoureux sont sourds au refus. Tu leur crieras de tous tes poumons tes non-intentions d’aller plus loin qu’ils en verront ailleurs, quelque part où il n’y en a aucune.

Et s’il n’y avait rien à faire? Si tout ce que l’on fait après le « non » était la mauvaise chose? Exprimer ses doutes, dire la vérité toute crue, expliquer le comment du pourquoi, décortiquer ses sentiments, acquiescer à ses demandes, les refuser… Si rien n’était suffisant pour racheter le rejet initial?

Ça me déculpabiliserait sans doute, mais ça a décidément l’air trop facile…

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