Culture, Lecture

[Lecture] Des livres pour enfants ancrés dans l’identité canadienne

À l’occasion du 150e anniversaire du Canada, deux livres pour enfants au sujet de notre grand pays ont retenu notre attention : Le Canada, c’est moi & Les mots volés.

Le Canada, c’est moi

Ce collectif de treize artistes réunis pour dépeindre le Canada à la petite enfance a fait mouche : Le Canada, c’est moi est un ouvrage tout en poésie et en simplicité qui ravit les yeux et le cœur des jeunes et des moins jeunes.

photo : Scholastic

Des phrases courtes et chargées de sens côtoient des visuels grandioses, comme à cette page où les quelques mots « j’ai de l’espace » se perdent sur le fond blanc d’un paysage enneigé, où l’on voit une maison de haut comme dans la peau d’un oiseau – de la porte de la maison s’échappent de toutes petites traces de pas, et dans l’immensité blanche d’une plaine recouverte de neige, un enfant fait un ange dans le manteau immaculé qui entoure sa demeure.

Cet hommage célèbre non seulment l’hiver et le passage des saisons, mais aussi les canadiens et canadiennes dans toute leur diversité culturelle et dans leurs identités plurielles. Un magnifique ouvrage qui souligne la liberté dont bénéficient les enfants du pays pour s’épanouir, l’espace pour rêver et grandir.

Un livre superbe dont les textes de Heather Patterson sont illustrés par 12 artistes canadiens de talent.

Le Canada, c’est moi, de Heather Patterson, éditions Scholastic– 32 pages colorées pour les 3 à 7 ans, 14,99 $

photo : Scholastic

Les mots volés

Cet ouvrage de Mélanie Florence, quant à lui, malgré la simplicité de son histoire, m’a donné un petit frisson de chagrin.

Quand la petite fille d’un grand-papa amérindien lui demande de lui apprendre des mots de sa langue natale, celui-ci n’arrive plus à se souvenir tant on lui a interdit de les utiliser à l’école religieuse. Sa langue, qu’on lui a volée, c’est sa petite fille qui la retrouve dans un dictionnaire de la petite école, et qui la redonne à son grand-père pour calmer sa peine et aider sa mémoire.

Une petite histoire touchante et une initiation délicate à cet épisode noir de l’histoire du pays. Si, à la première lecture, je me suis dit que cette histoire était un peu dure pour des petits enfants, c’est en y repensant bien que j’ai réalisé qu’il est malhonnête de n’apprendre aux enfants que les jolies choses du monde.

Cette réalité autochtone, ces mots perdus qui servaient à parler d’une culture ancestrale, font partie de notre histoire. Pourquoi ne pas introduire les enfants aux périodes quelques peu sombres du passé canadien en poésie et en paraboles?

Qui sait, peut-être leur cœur de bambin en tirera-t-il des conclusions plus durables que les nôtres, rendus insensibles par excès de drames!

Les mots volés, de Mélanie Florence, éditions Scholastic – 24 pages en couleurs pour les 6 ans et +, 11,99 $

photo : Scholastic

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