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[Mode & Vie][Aventures] Le mariage de mon meilleur ami

Dans le cœur de chaque femme cohabitent plusieurs sortes d’hommes  parmi lesquels ont retrouve ceux qui l’aimeront toujours et dont elle ne voudra pas partager l’existence et  ceux qui ne l’aimeront jamais et mais dont elle ne parviendra jamais à se détacher.

J’ai eu, dernièrement, un problème avec un homme de la première catégorie. C’était l’un de mes meilleurs amis. Le genre que l’on connaît depuis l’école primaire, depuis toujours. Le genre qu’on connaît tellement que les choses semblent bouger au ralenti. Il vous téléphone un matin et vous vous demandez d’où sort soudainement cette voix d’homme. Le genre d’homme que vous croisez au Van Houtte à 7h50 avant le boulot et vous ne pouvez vous empêcher de vous demander où est passé ce gros bâton de baseball en plastique bleu lorsqu’il avait l’habitude de traîner partout avec lui au lieu de cet attaché-case rempli de documents importants.

Mon meilleur ami depuis toujours. Il me faisait sentir comme one of the boys. Je crois que je l’ai toujours aimé, un peu, quelque part. Depuis qu’il m’a aidée à me relever quand le gros Lemieux m’a fait une jambette et que je suis tombée en pleine face  devant une troupe en délire. Des coups de fil tard le soir, des appels qui n’en finissent plus. Pour se rassurer ou pour rire.  Et surtout, des regards. Des regards qui veulent tout dire. Je n’ai jamais rien dit à propos de ces regards. J’attendais. J’attendais un peut-être. Peut-être l’amour entre deux partie de hockey, peut-être l’amour après les vacances, peut-être plus que des amis en revenant du ski.

 

J’attendais parce qu’au fond, j’étais rassurée. Rassurée qu’entre deux mises au jeu, il y ait quelqu’un pour qui je comptais en secret. Quelqu’un pour qui mon nom sonnait comme une victoire, même si le Canadien se faisait laver en prolongation. Quelqu’un qui restait, malgré les naufrages amoureux, si nombreux au début de ma vingtaine. Des bras pour m’attraper quand la vie était aussi éreintante qu’une partie de football par 30 degrés Celcius. Un secours de 90 kilos sur qui me blottir si tous les hommes de la planète disparaissaient. Je gardais son amour rassurant au fond de mon sac à dos comme un chandail à fermeture éclair. Ça peut toujours servir.

 

Un jour, mon meilleur ami est devenu en couple. Il ne m’en avait pas parlé. C’est arrivé comme la varicelle. Tout d’un coup et beaucoup. Beaucoup, beaucoup d’amour. Tellement que je viens de découvrir, dans ma boîte aux lettres, un faire-part pour leur mariage en juillet prochain.

 

 

Quatre ans ont passé depuis que mon meilleur ami a échangé son cœur avec celui de ce petit bout de femme que j’ai tranquillement appris à aimer. Peu à peu, le pincement au cœur que j’ai ressenti lorsqu’il  m’a présenté sa copine s’est estompé. Ce sentiment est parti doucement, aussi doucement que l’amour qu’il avait jadis pour moi. Une sorte de résignation, d’abdication.

Cet été, lorsque je lèverai mon verre pour porter un toast aux nouveaux mariés, je ne penserai pas seulement à eux. J’aurai aussi en tête toutes ces filles qui, comme moi, ont regardé passer les années en jouant au X BOX avec leur meilleur ami, en pensant que cette créature si douce et si parfaite à la fois serait toujours disponible.

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