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[Société] #MoiAussi : apprenons à nous défendre!

Dans la foulée du mouvement #MeToo #MoiAussi, je ne peux que saluer le courage des femmes et des hommes qui se sont levés et qui ont dénoncé les agressions dont elles et ils ont été victimes.

Il était temps qu’une vague de cette ampleur nous frappe pour inciter mais surtout encourager les victimes à parler, elles qui croyaient qu’elles devaient se taire parce que les actes dont elles ont été victimes ont été commis par des gens de pouvoir et d’influence.

Mais tout ceci m’amène à me questionner. J’ai vu la semaine dernière un article qui parlait d’une femme qui dénonçait parce qu’elle se serait fait pincer les fesses. Et là je me suis dis que dans toute cette histoire là, il semble qu’on ait oublié de nous apprendre à nous défendre.

Le fait de s’être défendu ou non ne justifie en rien un geste innaproprié, loin de là. Oui, nous apprenons la base, le respect, mais en cas de faille, apprenons aussi à nous défendre!

Je me demande : sommes-nous trop polis? Sommes-nous trop peureux? Je ne parle pas juste des victimes mais aussi des gens qui sont témoins de gestes déplacés et qui prennent leur trou et qui ne disent rien. Come on people! Si tu éprouves un malaise devant ce que tu vois, imagine la personne qui le vit! So-so-so! Solidarité! C’est ben beau sur une pancarte mais à un moment donné, il faut l’appliquer dans la vraie vie.

Je repense à mon parcours professionnel et de ma relation avec les hommes, et à chaque fois que j’ai fait face à une situation que je n’aimais pas, je l’ai dit haut et fort et je ne me faisais plus achaler par cette personne. Et j’ai souvent gravité dans un milieu d’hommes, alors j’en ai vu et entendu des affaires pas possibles!

Les situations qui me viennent en tête sont nombreuses. Avances d’un collègue lors d’un party de bureau : non mon grand, je n’ai pas le goût que tu me masses les épaules sans crier gare. Oui, t’as vite compris avec mon air bête et mon non-verbal que tu étais mieux d’arrêter ça là. On est resté en bon terme, mais plus jamais il a essayé de me toucher.

Je repense à toi qui vient se frotter sur mes fesses quand je danse avec mes amies dans un bar, c’est probablement moi qui t’ai fait une face de bitch et qui t’ai dit sans ménagement « Décalisse! » Non mais on demande! Pis si tu te réessayes, ouf là, je deviens mauvaise! Ça risque souvent de commencer par un : « Quessé t’a pas compris? »

À toi le con qui a tellement bu et qui se trouve ben drôle de faire des blagues sexuelles pas subtiles à moi qui te sert, toi et tes chums, tout le monde avait très bien compris que t’avais dépassé les bornes après ma réplique cinglante. Tes amis sont même venu s’excuser. Ma job, je m’en foutais de la perdre, pas vrai que j’allais me faire manquer de respect comme ça par un client!

Et à toi, le champion des champions qui voulait baiser même si tu n’avais pas de condom, c’était non. Et même si tu insistais verbalement et physiquement, c’était encore non. T’as compris que ça n’irait pas plus loin, tu as remonté tes culottes, merci bonsoir!

Je pourrais continuer longtemps comme ça. Mais je crois que vous avez compris mon point. Attention! Toutes ces situations ne parlent pas de gestes récurrents que quelqu’un me faisait subir, d’un viol, d’une agression mais plus de remarques déplacées, de mains baladeuses ou de regards insistants sur mon anatomie, par exemple. Faut pas tout mettte dans le même panier! Et le fait de nous défendre ne nous met pas non plus à l’abri d’être victime d’actes très graves.  Par contre, il faut se serrer les coudes et ne pas avoir peur de se faire entendre.  Trop souvent, on se sent honteuses et coincées et on a le réflexe de ne rien dire sur le moment.  Imaginez le nombre d’agressions qui ont lieu car l’agresseur sait que la personne ne dira rien.

Entendons-nous : quelqu’un qui pogne une fesse, a un regard trop insistant sur un décolleté ou fait une remarque déplacée ne fait pas systématiquement de cette personne un agresseur. Il faut juste lui remetttre les points sur les « i » et stopper les comportements inadéquats dès qu’ils arrivent. Prévenir avant de guérir. Vous serez étonné ce que ça peut faire aux gens de se faire dire non, se faire dire leurs quatre vérités. Apprenons à mettre notre pied à terre si nous en sommes victimes ou témoins.

Bref, ce que je veux vous dire, les filles, les gars, c’est que si vous n’êtes pas d’accord avec un geste ou des paroles à votre égard, dites-le. Si la personne ne comprend pas, dites-le encore! Défendez-vous. Arrêtez de rester poli parce que vous avez peur des répercussions que cela peut avoir. Et voyez avec tout ce qui se passe présentement : personne n’est au-dessus de tout.

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