Culture, Humour

[Spectacles] En attendant le beau temps – Un joyeux WTF signé Denis Drolet

Humour absurde, tu dis? En veux-tu en v’là. Le nouveau show des Denis Drolet, En attendant le beau temps est tout sauf de l’humour classique. Fans des Denis, vous ne serez pas déçus.

N’étant pas moi-même grande amatrice d’humour absurde, je ne me faisais pas d’idées en assistant à ce show très attendu. Je me disais qu’au pire, je rirais un peu et j’en serais quitte pour une bonne soirée au Monument National.

Si je ne peux pas dire que je me suis roulée par terre tout au long du spectacle, c’est que ce n’est pas vraiment l’objectif de l’affaire. Travaillé, recherché, le rythme est réglé au quart de tour et les numéros se succèdent dans un apparent bordel qui me paraît, au contraire, très organisé.

Ces vétérans de l’humour québécois nous donnent le temps de souffler entre les blagues en développant des mises en situation toutes plus loufoques les unes que les autres, punchent avec force à l’apogée de celles-ci et créent d’hilarants malaises silencieux qui permettent aux amateurs les plus fervents de reprendre leur souffle entre 2 « what the hell did I just see? ». 

Sur le thème des mauvaises nouvelles et de l’espoir d’un monde meilleur, En attendant le beau temps semble avoir une thématique un peu forcée, puisque les numéros quelque peu disparates se succèdent sans réel fil conducteur, sinon d’occasionnels rappels de Denis à dents en début de numéro (qui ramène textuellement un « ouin, ça va mal, mais en attendant que quelque chose de bon se passe, on peut ben avoir du fun » avant d’enchaîner sur autre chose).

Si le segment de la fin du spectacle est particulièrement risqué (humour noir et blagues éparses sur fond de musique triste), il fonctionne pendant quelques minutes. À mon avis, en fin de spectacle, ça tue un peu le momentum et l’exploitation n’est pas optimale, mais c’est original. Une section qui sera sans doute rodée et polie au fil de la tournée, puisque même les grands fans semblaient être restés sur leur faim durant cet interlude tristounet.

Mais c’est surtout difficile de ne pas aimer quand des humoristes assument autant leurs blagues. La livraison est sans failles malgré quelques envolées imprévues (ou non?) de Denis barbu et les réactions sur le vif de Denis à dents, qui rendent l’ensemble sympathique.

Un parfait contrôle sur le degré de malaise, une telle gestion du vulgaire et du crescendo et ce talent pour les chutes inattendues et désopilantes… Du grand art de n’importe quoi!

Les chansons, classiques absolus de leur monde à part, sont aussi accrocheuses que par le passé et ponctuent agrablement la représentation. Petite surprise à la fin… Une apparition de quelques secondes d’un vieil ami des Denis!

Si je ne ressors pas du spectacle en me disant que j’ai trippé sur l’humour, j’en ressors admirative des deux artistes et de leur équipe, auxquels je dis : « Bon travail, mais sérieux… WTF? ».

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