Culture, Spectacles

[Spectacles] JFK, l’opéra. Sexualité, pouvoir et folie.

En voyant l’annonce d’un opéra intitulé JFK, on est en droit de se demander à quel genre de spectacle on assistera. Quand j’ai dit à mes amis ce que j’allais voir le 27 au soir pour la première, les réactions étaient mitigées : de la surprise à l’étonnement, tous s’interrogeaient sur les thèmes qu’allait bien pouvoir aborder l’opéra. Serait-ce un opéra politique ? Une énième mise en scène de sa célébrissime mort ? L’envers du décor dramatique de sa tumultueuse vie de couple ?

C’est un peu tout ça. Durant trois actes qui m’ont paru très courts, l’audience accède aux rêves drogués de John F. Kennedy, alors que le seul remède à la douleur que lui fait subir son dos meurtri demeure la morphine, de laquelle il abuse selon Jackie. En rêve, il revit la lobotomie ratée de sa sœur perdue aux mains de médecins imprudents, matérialise ses incertitudes face à sa réputation au Texas, la rivalité et le complot supposé de Lyndon B. Johnson, son vice-président, et les relations plus que tendues avec la Russie et son empire. Mais il revit aussi sa rencontre avec Jaqueline Bouvier, avant qu’elle ne devienne Jackie Kennedy, et les premières heures de leur amour médiatisé.

Crédit photo : Yves Renaud

Crédit photo : Yves Renaud

Le public est également invité dans la vie privée moins glamour que tragique du célèbre couple, alors que JFK prépare et prononce son dernier discours.

Dans ce mélange explicite et décomplexé, sans tabous et provocateur, de sexe, de pouvoir et de folie, on sent clairement que l’on n’assiste pas à un opéra classique, mais à un spectacle d’exception dont on se sent privilégié d’être le témoin. Si on n’est pas habitué à associer une ambiance trash au style élégant de l’opéra, on en redemande tout de même. Je suis sortie de la salle enchantée, non seulement par le contenu mais aussi par le contenant… Je m’explique :

La scénographie (je sais, j’en parle à chaque opéra, mais c’est toujours tellement grandiose !) est impressionnante et particulièrement complexe pour JFK. Non seulement un appartement entier, sur une plaque tournante pour pouvoir montrer les différentes pièces selon l’endroit où l’action se déroule, prend tout le centre de la scène, mais d’immenses lettres lumineuses à la Broadway forment un TEXAS dramatique géant pour introduire et conclure la représentation. Des projections et jeux de lumière situent l’action dans le temps et permettent de retrouver des images des vrais Kennedy à certains moments clés du spectacle, insufflant un vent de nostalgie et de mélancolie à l’ensemble.

Crédit photo : Yves Renaud

Bref, un show à ne surtout pas manquer. Allez-y vite!

JFK, à l’opéra de Montréal jusqu’au 3 février.

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