Art de vivre, Histoire de filles

[Art de vivre] J’ai dit non.

Crédit: Pixabay

En partant du bar cette nuit-là, je ne me sentais pas à l’aise de prendre mon véhicule dû à ma consommation d’alcool. J’ai donc fait ma bonne citoyenne et j’ai fait une marche santé en cette nuit tranquille d’automne. En quinze minutes je serai chez moi, maximum, alors pourquoi m’inquiéter ?

Je fais partie de ces personnes qui croient que l’être humain est fondamentalement bon. Je fais partie des gens qui se font des amis à chaque rangée d’épicerie et qui aident les autres en cas de besoin. Car j’ai appris que pour recevoir un sourire, on pouvait lancer le premier regard. 

Cette nuit-là, ma naïveté digne d’une enfant de 5 ans est partie. J’ai appris qu’il faut pas nécessairement une ruelle sombre ou être à Montréal pour avoir à se défendre. Ici, dans ma propre ville, ma petite ville Campivalentienne, un homme a décidé de me suivre, puis il a décidé que je devais le suivre. 

J’ai refusé ses avances et contourner non seulement ses questions, mais aussi le bon chemin pour rentrer chez moi. La main sur mon téléphone dans mon petit manteau, prête à faire l’appel qui pourrait me sauver, car seule dans la rue avec cet inconnu qui me tient fermement les épaules, courir n’était pas une option. Il avait avec lui, le vélo du quel il avait descendu afin de s’approcher de moi. Il mesurait certainement 6 pieds et avait clairement de quoi avancer plus vite que moi. 

J’avais peur, j’étais terrifiée. J’avais beau réfléchir, mais mes cours de karaté étaient loin dans ma tête. Je devais penser et vite. Il a finalement lâché le morceau et il est parti dans une autre direction, enfin. 

J’ai passé la nuit et celles qui ont suivi à avoir peur et à pleurer. Je me sentais violer dans ma propre intimité de penser qu’il pouvait savoir où j’habitais, me voir et m’épier. Toutes mes amies ont eu droit à au discours sur les marches nocturnes en revenant d’un bar, que même si on n’est pas downtown, que des weirdo, il y en a partout. Que notre sécurité était juste un état imaginaire dans lequel on croit qu’on est en permanence, mais dans le fond, on ne connaît pas les gens à qui on a affaire.

Je croyais avoir eu rencontré un marginal qui avait rien à faire en pleine nuit et qui voulait se faire une amie santé pendant sa ride de vélo. Les mois ont passé, j’ai commencé à oublier cette histoire. Puis, le Journal St-François m’a appris que mon nouvel ami nocturne était en fait un agresseur sexuel. 

J’étais fière d’avoir pu sortir de tes griffes et de ne pas avoir été une victime de plus sur ton tableau. J’étais soulagé d’avoir refusé les derniers verres de sangria et d’avoir eu la tête assez lucide pour te dire que non, c’est NON. Puis, je me suis rendue compte qu’un instant… ça aurait pu être moi. Moi aussi. 

J’ai quitté mon appartement et j’ai déménagé dans une autre ville. J’ai pris des précautions pour éloigner les situations potentielles qui pourraient m’emmener à vivre d’autres évènements comme celui-là. J’ai été suspicieuse et craintive de rencontrer et d’échanger comme je le faisais depuis longtemps. Je me suis mis à douter de l’honnêteté des gens et de l’authenticité de leurs dires. 

Tu as croisé mon chemin cinq, dix minutes, tout au plus. Mais tu m’as marquer au fer rouge avec ton manque de savoir-être.

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