Culture, Général

Beauté Fatale : la réflexion

Sûrement que vous avez entendu jaser du projet documentaire de Léa Clermont-Dion Beauté Fatale. Si non, ben j’vous en parle drette là là. 

Pour ceux/celles qui ne savent pas, Léa Clermont-Dion est une fervente militante pour l’image corporelle diversifiée, une personne intelligente, engagée, avec beaucoup de vécu. Avec son documentaire, elle tente d’exposer le problème sociétal du culte de la beauté à tout prix. Elle essaie de nous montrer que la beauté, ce n’est pas nécessairement ce que les magazines nous présentent. 

Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est véhiculé dans le documentaire, mais je dois dire qu’il porte à réflexion. Et je crois que c’est bien son but.

Tsé, le maquillage, la coiffure, la mode… ça a toujours existé, jusque dans l’ère antique. C’est comme pour beaucoup d’espèces animales (ex: le paon mâle qui est plus coloré que la femelle, en compétition avec les autres paons pour la reproduction), il y a un rituel de séduction qui est, en bout de ligne, nécessaire. Comme le dit Richard Morin (de Zorah Cosmetics) dans le documentaire: «C’pas ça qui est mauvais. C’qui est mauvais […] c’est quand ça devient plus important d’être belle que d’être bien.» Et ça, je suis d’accord. L’adage de “il faut souffrir pour être belle”, il ne date pas d’hier. Autrefois, les femmes portaient des corsets qui les empêchaient de respirer, afin de plaire. La différence aujourd’hui, c’est la médiatisation. La différence aujourd’hui, c’est qu’on laisse les jeunes filles croire que, ce qu’elles voient dans les médias, c’est la vérité, c’est l’idéal à atteindre.

Du documentaire, présenté en deux parties à Télé-Québec, j’ai préféré la deuxième partie (Date de péremption) qui est beaucoup plus axée sur la peur de vieillir, plutôt que la première (Jouer à la poupée), qui parle beaucoup des troubles alimentaires et de l’estime de soi. Honnêtement, j’ai trouvé que ça allait un peu dans tous les sens. Il faut dire que Léa n’est pas une pro de la cinématographie non plus, faut quand même lui laisser une chance. C’est pourquoi je ne m’attarderai pas plus que ça sur la réalisation, le montage et la portée du message. Je vous laisse le soin de visionner l’oeuvre par vous-même afin de vous en faire une opinion. 

source: Beauté Fatale

source: Beauté Fatale

Ce dont je veux vous parler aujourd’hui, c’est d’éducation. Car on est bien rapides à accuser les hommes, les Barbies et/ou les entreprises de cosmétiques, quand en fait le problème n’est pas tant ça. Le problème, c’est qu’on ne montre pas à nos enfants à s’aimer. Oui, on leur dit de s’accepter. Mais de s’aimer?… Il y a pourtant un contraste important. Je trouve le contraste aussi important que celui  entre tolérance et ouverture d’esprit. Mais ça, c’est un autre débat.

Au lieu d’attaquer le capitalisme (car c’est bien cela, on attaque des entreprises, qui elles ne font que profiter du marché, en fait), pourquoi ne pas attaquer le manque d’amour et d’éducation? Comme le dit Marie-Chantale Perron dans le documentaire, nous sommes tellement une société hypocrite. Mais vraiment. Nous jouons à l’autruche. Tout simplement. Ça c’est comme mes parents qui fument depuis toujours, mais qui pètent des coches si mes frères le font : tout commence par l’exemple.

L’enfant va prendre exemple sur son parent. L’enfant va trouver que sa mère c’est la meilleure et la plus belle. Et c’est que l’éducation commence. Quelle image projettes-tu à tes enfants? Quelle idée de la beauté leur donnes-tu? Tout part de ce qu’on va leur montrer et dire et apprendre. Un enfant qu’on encourage à réfléchir et à être critique, c’est un futur adulte qui va penser par lui-même et qui va rejeter le modèle unique médiatisé. Tout simplement. La clé, c’est de brasser les choses. C’est ainsi que ça va changer. Mais faut accuser la bonne personne. Et c’est nous-même. Pas la société. 

Car la société, elle n’existe pas sans nous.

En conclusion, Beauté Fatale est un documentaire intéressant, malgré ses défauts de structure. Il n’en reste pas moins que le message est important. Léa Clermont-Dion est une jeune femme avec du coeur au ventre, Et pour ceux qui vont chialer sur le fait qu’elle est cute, vos yeules. C’est pas parce que TU la trouves belle que ELLE se trouve belle. Elle ressent la pression sociétale autant que nous tous. Elle en a souffert, et elle veut que ça change. Et ça, c’est très louable. Oui, elle est belle, pis elle serait encore plus belle si elle s’aimait. 

Mais ça, c’est vrai pour chacune d’entre nous.

Beauté Fatale

source: Beauté Fatale

 

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