Bédaine & Mascara

[Bédaine & Mascara] Histoires de bédaines

Si aujourd’hui nous vivons dans un monde où nous pouvons vivre librement notre maternité et parentalité, il faut savoir que cela n’a pas toujours été le cas. Ce n’est qu’à partir du 18ème siècle que la société reconnaît l’importance du rôle de la mère au sein de la famille. Mais alors avant cela, comment c’était de fonder une famille? J’ai un peu creusé la question pour vous. Voici ce que j’ai découvert.

Une question de nourriture

Durant la Rome Antique, la famille c’est une histoire d’État. Les lois sont claires : c’est le père qui fait figure d’autorité. C’est lui qui a le droit d’accepter ou non l’enfant né de son épouse et il se doit d’en faire un citoyen exemplaire. À cette époque, l’épouse a un rôle bien précis : « produire » des enfants. Autant vous dire qu’être enceinte durant l’antiquité ne devait pas être de tout repos. Non seulement il fallait s’assurer de rester en bonne santé pour porter à terme sa grossesse, mais il fallait en plus tout faire pour que le père accepte le nouveau-né. Heureusement pour elles, il existe quelques méthodes pour faire en sorte d’avoir un « bon bébé ».

Pour qu’une grossesse se passe bien, la future mère devait faire attention à son alimentation : finie la nourriture épicée et amère.

Et ce n’est pas tout, il existait beaucoup de croyance concernant la nutrition d’une femme enceinte. Par exemple, pour avoir un garçon, il suffisait de manger des testicules de coq. Pour que votre enfant ait les yeux noirs dans ce cas, il suffisait de manger une souris. Il paraît même que les cendres de porc-épic évitaient les fausses couches et que le lait de chienne aidait au bon développement du fœtus. Un régime alimentaire des plus appétissants….

J’ai bien l’impression qu’à cette époque, la grossesse c’était surtout une histoire de nourriture et de devoir familial…

Un truc de fille

Au Moyen Âge, à une époque où la religion et le clergé sont au cœur de la société, faire des enfants est considéré comme une volonté de Dieu et ne doit se faire qu’au sein d’un mariage. C’était d’ailleurs l’objectif premier du mariage : faire des enfants.  À cette époque, avoir une fille était de mauvais augure. C’est simple, on croyait que si la future mère était belle, rayonnante et en santé, alors c’est qu’elle portait un garçon. Au contraire, si son teint était pâle et sa santé moins bonne, alors c’était une fille. Il paraît même que certains pères voyaient cela comme un échec. À part un intérêt pour le sexe de son futur enfant, les pères étaient désintéressés de la grossesse. À cette époque, la maternité était surtout un truc de fille. Elles s’entraidaient, socialisaient et surtout se transmettaient leur savoir et expérience.

Comme durant la Rome antique, une femme enceinte au Moyen Âge doit aussi faire attention à ce qu’elle mange : finis les nourritures trop salées et les plats épicés. En revanche, gober des œufs, boire du vin rouge et manger des fruits bien murs était conseillé.

Il paraîtrait même que c’est de cette époque que viennent les fameuses envies des femmes enceinte. Ils pensaient que si ces envies n’étaient pas satisfaites, cela aurait un impact sur l’enfant. Certains pensaient même qu’il s’agissait des envies du futur enfant et que si elles n’étaient pas satisfaites, ce dernier essayerait de sortir du ventre de la mère. Un remède pour lutter contre ces envies ? Des fèves cuites dans du sucre (pas sûre que ça soit bien bien efficace).

Une affaire publique et un objectif précis

Bref, que ce soit pour répondre à la « volonté de dieu » au Moyen Âge ou remplir son « devoir de femme » dans l’antiquité romaine, on faisait des enfants pour atteindre un objectif plus que par volonté.

La maternité était l’affaire de tous puisque les femmes étaient jugées sur leur fertilité et leur capacité à faire des bébés garçons.

Le fait que l’éducation des enfants était confiée à des tiers plutôt qu’à la mère (ou au père d’ailleurs) est bien la preuve que pendant longtemps la société voyait les femmes comme des machines à bébés.

Ce n’est qu’au 18eme que la maternité et la place de la femme en sein de l’éducation sont mis de l’avant (merci aux philosophes des Lumières!). Il a tout de même fallut attendre le 20ème siècle pour que la maternité soit vue comme un projet familial personnel.

Et maintenant?

Je dois vous avouer que ces petites recherches m’ont fait comprendre pourquoi il existe autant de superstitions (parfois absurdes) autour de la grossesse. Et surtout, à quel point je suis ravie d’être tombée enceinte au 21ème siècle!

J’estime que nous les femmes nous pouvons vivre notre maternité à notre manière et de façon un peu plus décomplexée. Carrière et vie de famille ne sont plus exclusifs l’un de l’autre, surtout que nous sommes protégées par des lois contre la discrimination et le licenciement en cas de congé maternité. Plus besoin de faire de notre grossesse et de l’accouchement une affaire publique puisque nous avons aussi le droit de choisir qui assurera notre suivi de grossesse et choisir où nous désirons donner naissance. Et dites-vous bien que si vos droits ne sont pas respectés, il existe des solutions pour vous rendre justice dont le recours à un avocat.

Bien sûr, nous sommes toujours sous le regard pesant de la société et vous trouverez toujours des experts auto-proclamés qui vous diront comment et quoi faire parce que c’est bon pour le bébé, mais que voulez-vous? Il faut de tout pour faire un monde!

 

*Cet article est commandité par Brunet et Associés Avocats

 

Sources :

http://www.persee.fr/doc/pharm_0995-838x_1916_num_4_13_2296

http://pegase.xooit.fr/t48-hRP-La-Maternite-au-Moyen-Age.htm

http://www.womenology.fr/reflexions/lhistoire-de-la-maternite-de-lantiquite-a-nos-jours/

 

 

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