Bédaine & Mascara, Général

[Bédaine&Mascara] Les Chroniques de Paulychinelle : La fois où on m’a pitché des soldats direct dans l’utérus.

Bon. J’ai pris 2-3 respirations, je suis prête à vous conter l’incroyable aventure qu’est l’insémination artificielle avec sperme du conjoint.
(Je vous avertis, pour ceux qui ne connaissent pas mon franc parlé et mon mince filtre: si vous êtes facilement choquables, vous tripperez pas sur le texte qui suit.)

source: fiscafamily

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Donc, comme je le racontais hier dans ma chronique, nos tests de fertilité disent que tout est normal, qu’il n’y a aucune raison apparente pourquoi je n’arrive pas à tomber enceinte. Comme je le disais hier aussi, je suis persuadée que j’ai l’utérus hostile, tout comme Meredith dans Grey’s Anatomy. Un utérus hostile, c’est bin drôle à imaginer, mais c’est quoi au juste? L’expression référerait plutôt à une glaire cervicale trop épaisse et/ou trop acide qu’à un utérus fâché. Ouain, pas mal moins nice comme image? Moi aussi j’trouve. Par contre, ça expliquerait pas mal d’affaires. Ça voudrait juste dire que les petits explorateurs de MonLove ne se rendent jamais à la terre promise puisqu’ils meurent tous fondus ou noyés avant d’arriver même au col de l’utérus. Charmant.

Alors, pour contrer ce petit problème, notre médecin spécialiste avait effleuré la possibilité d’une insémination artificielle pour donner une chance de survie aux gamètes de mon chum. Précédent cette procédure, je devais prendre un médicament du jour 3 au jour 8 de mon cycle (du clomiphène, qui est un inhibiteur d’œstrogène, ce qui veut dire en gros que ça stimule la sécrétion des hormones spécifiques à l’ovulation = te sentir comme du cac’ pendant une semaine), puis retourner voir mon médecin au jour 10 pour vérifier si le follicule ovarien s’est bien développé. Par «vérifier», je veux dire échographie pelvienne, et par échographie pelvienne, je veux dire (attention pour celles qui ne l’ont pas vécu) se faire rentrer un grand manche dans le vagin et se faire fouiller l’intérieur. Lors de cette gracieuse manœuvre, on peut voir où en est rendu le trajet de l’ovocyte et si la fécondation peut être possible. Sur l’écran, mon médecin m’a pointé deux follicules pour chaque côté, donc quatre possibilités de fécondation.

source: fotolia.com

Source: fotolia.com

Ensuite, notre gentil mais pressé médecin nous a dit que nous allions tenter l’insémination le lendemain matin (la plupart du temps, cela se fait 36 heures plus tard, selon l’état des follicules). PIF PAF DE MÊME, comme toujours, il nous annonce que je vais devoir prendre une dose d’Ovitrelle pour déclencher l’ovulation. Mais attention, il ne m’avait pas expliqué ce que c’était exactement, quelle belle surprise:

On arrive au bureau de l’infirmière qui commence à m’expliquer le fonctionnement de ce médicament et tout le tralala, puis elle me dit «Donc comme c’est sous-cutané, tu pinces un peu de peau en-dessous de ton nombril pis tu piques là, ensuite tu pèses et tu retires après 10 secondes». Me voyez-vous venir? Elle parlait au TU, comme dans genre c’est PAS ELLE qui me fait l’injection mais bien MOI, parce que «si ça marche pas et qu’au prochain cycle tu dois faire l’injection le soir et que tu es seule, il faut que tu saches comment». AH BEN. Pis j’ai pas peur des aiguilles dans’ vie, mais quand c’est la première fois que tu te fais toi-même une injection, c’est un peu confus, genre t’es pas trop confiant m’a t’dire..! Finalement, sérieux, un coup le choc passé, c’est absolument rien. Tsé y a des gens qui se piquent à l’insuline chaque jour, j’imagine que c’est semblable.

Un fois cette étape passée, il faut retourner chez nous, passer la journée et réussir à dormir le soir venu. Pis ÇA, c’est toute une job. N’empêche, que tu dormes ou pas, le rendez-vous va avoir lieu. Donc en gros, il faut recueillir le sperme par masturbation seulement, sans crème ou lubrifiant, se pointer au laboratoire dans la demi-heure suivante, attendre environ une heure, le temps que la technicienne nettoie l’échantillon (ne garder que les soldats sains) et attendre le médecin qui va venir procéder à l’insémination. C’est bien simple.

Moi la veille, j’avais passé la soirée à Googler pis j’étais bin rassurée du fait que l’insémination est décrit sur internet comme une procédure indolore.… OH BIN TAH pas pour moi en tout cas! Fak là chu écartée dans les étriers (comme pour un examen gynécologique) devant le médecin et sa lampe frontale et pis j’me fais rentrer le spéculum froid pis rigide pis toute. Comme toujours, ça surprend, et c’est pas nécessairement agréable et sans douleur. Mais le v’là qui me dit «J’m’excuse, j’vois pas bien le col, faut que j’agrandisse l’ouverture».. J’vous épargne ce détail mais AAAARRGGGH. Et s’en suit l’injection du liquide préparé en labo direct dans mon cher col de l’utérus. Pis ça c’est désagréable aussi. Le boutte relax, c’est de refermer les jambes et d’attendre 10 minutes couchée sur le dos. Ouaip. Parce que APRÈS c’est la galère…

cycle menstruel

Source: Google

Après, t’apprends en fouillant sur internet que le médicament que tu t’es shooté dans la bidz, ça produit une hausse du taux de FSH donc des effets semblables aux symptômes d’une grossesse, et ce pendant presque deux semaines, pour les plus chanceuses comme moi. Tu réalises que tu vas passer des jours et des jours à subir l’effet de cette hormone, des jours à être confuse, brûlée, nauséeuse, irritable, etc. Fak mon petit rêve de princesse où je me réveillais un beau matin avec une nausée et que je savais d’instinct que je portais la vie: CANCEL. Y a aucune piste à suivre. C’est comme si quelqu’un venait te barbouiller le cerveau. En plus, quand tu regardes ça de plus près, tu te rends compte que les symptômes de début de grossesse et les symptômes prémenstruels, c’est sensiblement la même chose

Boutons et cernes. J'ai pu de face.

Boutons et cernes. J’ai pu de face.

Alors voilà. J’en suis au jour 22 de mon cycle et au jour 11 après insémination. J’ai tout le temps mal au cœur, je suis fatiguée toute la journée, je suis fâchée contre tout, je pleure pour rien, j’ai mal dans le bas ventre, j’ai des boutons partout, j’ai des cernes jusqu’au menton… Stress? SPM? Hormones? Grossesse? Ça peut être toutes ces options ou aucune. Aucun moyen de le savoir avant encore une semaine. La plus longue de ma vie. Je redoute déjà le fait de devoir recommencer tout ce processus si cette première insémination n’a pas porté fruit. C’est un processus froid et lourd, très artificiel, aucunement ce à quoi je m’attendais comme expérience de maternité. Et ça me draine, honnêtement. Y a personne qui m’avait dit que ça serait comme ça. Mais bref.

J’me souhaite que ce soit 1 en 1.
J’me souhaite quasiment des triplets même, pour vivre cet enfer juste une fois.
Mais bon hein, c’est p’t’être les hormones qui parlent en ce moment. 😉
À suivre.

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1 Commentaire

  • Répondre Les Chroniques de Paulychinelle: Petit Voldemort | Web et Mascara 11 novembre 2017 a 17 h 37 min

    […] d’âme sur ma condition de femme infertile? Je vous avais ensuite raconté en détails mon insémination artificielle, puis ma fausse couche. Au moment de cette démarche en clinique de fertilité, cela faisait plus […]

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