Entrevues, Lecture

[Lecture] J’ai lu Histoires de filles au chalet, et j’ai parlé aux auteures.

Crédit: Carole-Ann Paul

Au début mars, j’avais plus que besoin de prendre une petite pause de ma vie.
J’ai alors proposé à mon amoureux de s’exiler un peu au chalet de sa famille en Mauricie.
Vu le froid polaire qui a siégé lors de ces deux jours, j’en ai profité pour me rattraper dans mes lectures.

J’ai passé au travers du livre Histoires de filles au chalet, qui renferme trois courtes histoires de trois auteures différentes.
Lire des histoires qui se passent dans un chalet, installée bien au chaud devant un feu de foyer… au chalet. On ne peut pas être plus concept! 😉

En gros, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. C’était touchant tout en étant relativement léger. Un bouquin parfait pour lire avant de se coucher, ou entre deux cours universitaires. Vous comprenez le principe.

Ainsi, Histoires de filles au chalet, c’est trois auteures qui présentent chacune une petite histoire ayant comme thèmes communs la femme et le chalet. En général.

La première, écrite par Nadia Lakhdari (auteure de la trilogie Éléonore) nous raconte une traditionnelle semaine de vacance d’un groupe d’amis qui se connaissent depuis toujours, mais qui vivent des perturbations qui viendront teinter l’ambiance des festivités.

La seconde, écrite par Catherine Girard Audet, que l’on connaît pour La vie compliquée de Léa Olivier, raconte le weekend dans la vie d’une famille quelque peu dysfonctionnelle qui se réunit pour une dernière fois au vieux chalet familial que le papa a décidé de vendre.

Et la dernière, écrite par Josée Bournival (auteure de la série Bébé Boum, blogueuse, et animatrice) raconte les péripéties d’un couple qui part pour un weekend romantique à leur chalet habituel. Béatrice a vu les signes : Samuel, son amoureux des 10 dernières années, a enfin décidé de la demander en mariage. Mais les choses s’avèrent bien différentes de ce qu’elle s’était imaginée…

Trois histoires bien différentes écrites par trois talentueuses auteures au style bien différent. Pour vrai, j’ai tout lu en genre 4 heures tellement j’entrais facilement dans l’univers de chacune des histoires. (D’ailleurs, j’ai si bien vanté le livre à mon entourage, qu’il y a déjà une liste d’attente pour me l’emprunter héhé.) Je ne veux pas vous en dire trop afin de ne pas vous voler de punchs ou quoi que ce soit, par contre j’ai pu poser quelques questions aux auteures et voici ce qu’elles m’ont répondu…

Crédit : Carole-Ann Paul

Votre nouveau livre, Histoires de filles au chalet, qui est sorti en librairie le mois passé est un livre qui parle de femmes, et pour l’occasion, à chaque livre vendu 1$ sera versé à la Fondation du cancer du sein du Québec. Était-ce important pour vous de verser une partie des recettes à cette fondation?

Nadia Lakhdari : Oui, l’association à une cause féminine était essentielle pour moi, et c’est même ce qui a donné lieu à ce projet. Le métier d’écrivain peut être solitaire par moments, et c’est un plaisir de pouvoir à l’occasion collaborer avec d’autres auteurs. Cependant, pour moi, il était essentiel que cette collaboration serve à un objectif plus grand que notre plaisir à toutes les trois et, je l’espère, celui des lecteurs! 

Catherine Girard Audet : Absolument. Je pense que toutes les femmes se sentent touchées par le cancer du sein. Sans compter que je connais des gens près de moi qui sont atteints du cancer, et que j’aimerais tellement faire plus. Donner une partie des recettes, c’est simplement une façon de contribuer un tant soit peu à la recherche et à la cause.

Josée Bournival : Disons que ça a fait partie des motivations que j’ai eu pour me joindre au projet. C’est une terrible maladie qui touche beaucoup de femmes et associer l’art de l’écriture à une cause aussi noble donne un sens à notre travail. On a l’impression de mettre notre passion au service d’une cause plus grande.

Il est clair que vous soutenez ici une cause plutôt importante. Pour l’occasion, vos histoires parlent de femmes, de leurs amitiés, leurs relations familiales, leurs amours, et vous avez comme thématique commune le CHALET. Comment avez-vous trouvé votre inspiration; êtes-vous parties du thème chalet ou c’est votre histoire qui est venue en premier?

N.L. : Oh mon dieu, ça, c’est dur à dire! L’inspiration c’est quelque chose de très fluide, pour moi, des petits fils d’idées qui partent dans ma tête. Je savais dès le début que je voulais écrire sur cette expérience d’un couple qui se sépare juste avant des vacances entre amis au chalet, mais je ne me souviens plus ce qui m’est venu dans quel ordre. 

C.G.A : Je suis partie du thème du chalet, et comme ma famille en possède un dans le Bas-du-Fleuve, j’ai tout de suite associé mon histoire à un huit-clos familial. J’imaginais plusieurs frères et soeurs comme chez moi, mais avec des problèmes différents.

J.B. : J’ai été la dernière auteure à me joindre au projet. Nadia et Catherine avaient déjà, toutes deux, choisi l’univers et les thèmes qu’elles souhaitaient aborder. Afin de s’assurer de ne pas se piler sur les pieds, j’ai donc opté pour parler du couple (puisque les sphères familiales et amicales étaient déjà prises). Ensuite j’ai réfléchi à ce que j’avais envie de dire sur le sujet. Pour moi, le lieu était accessoire. Mon histoire aurait pu se dérouler au travail, dans un restaurant ou en voyage dans le sud. Donc mon inspiration, comme toujours, est partie de mon vécu, de ce que j’observe autour de moi et de mon désir de montrer différents points de vue sur le même sujet. 

Merci. D’ailleurs Josée Bournival, le couple de votre histoire est formé de deux êtres fondamentalement différents qui vivront un réel désenchantement suite à leur weekend au chalet. Croyez-vous qu’une relation entre deux êtres aspirant à des choses aussi différentes peut réellement survivre à ce genre d’épreuves?

J.B. : Bien sûr. Je pense que la réussite d’un couple dépend uniquement du désir qu’ont chacun des partenaires de s’investir dans la relation. Chaque duo trouve son équilibre entre fusion et liberté. Pour fonctionner, certains amoureux doivent être en symbiose tout le temps, à plusieurs niveaux; alors que d’autres tolèrent facilement l’éloignement, les ambitions ou le besoin de solitude de l’autre. Il n’y a pas de recette gagnante. Tant que les partenaires retirent davantage de positif que de négatif de la relation, elle peut se poursuivre. Et on n’a pas tous les mêmes attentes face à notre couple. Pour certains le partenaire de vie est essentiel au bonheur, pour d’autres c’est un complément utile et finalement, pour certains, c’est simplement la cerise sur un sundae déjà bien garni.

Bien dit. Parlant de positif, Catherine Girard Audet, était-ce important pour vous que l’histoire se finisse bien? Car on sait que souvent le genre de climat familial présent dans votre histoire ne se règle pas aussi facilement.

C.G.A. : Je dirais plutôt que mon histoire se termine avec une lueur d’espoir. Espoir que quelqu’un comme Nicolas puisse véritablement changer sa vie et assumer qui il est; que des femmes comme Mathilde arrivent à faire comprendre que la carrière est parfois au centre de leurs vies, et que c’est très bien comme ça, alors que d’autres comme Rosalie choisissent de prioriser la famille. Mais avant tout, je voulais montrer une ouverture. On ne peut pas changer les autres, et les relations familiales ne peuvent pas se transformer du jour au lendemain, mais quand on tient à quelqu’un et qu’on ne veut pas le perdre, on peut se montrer à l’écoute et essayer d’aller de l’avant.

Et finalement, concernant votre histoire, Nadia Lakhdari, ayant moi-même vécu plusieurs fausses couches et éprouvant beaucoup de frustrations par rapport au processus de fertilité,  j’ai trouvé que la thématique de la maternité difficile est exploitée de façon très réaliste par rapport aux sentiments éprouvés par Emma, d’où est venue l’inspiration? 

N.L : J’ai la chance d’avoir deux beaux enfants et la plupart de mes amies en ont aussi. Mais j’ai trouvé la phase de la jeune trentaine et de la maternité difficile pour beaucoup d’entre nous: fausses couches, dépressions post-partum, ajustement difficile à la maternité, vie de couple qui prend le bord. On voulait toutes des enfants, mais je pense qu’on avait sous-estimé le bouleversement qu’ils apportent – en plus d’une grosse dose de bonheur, bien sûr! J’ai eu envie d’écrire sur cette phase si unique de la vie – parce qu’après, les choses se placent, promis, juré! 

Donc voilà, un gros merci aux trois auteures pour leurs belles réponses et pour leurs trois belles histoires de filles au chalet. 🙂

En gros, je vous recommande chaudement ce collectif touchant.

Crédit: Carole-Ann Paul

 

 

Histoires de filles au chalet
Nadia Lakhdari, Catherine Girard Audet & Josée Bournival
Éditions Goélette
24.95$

 

 

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