Culture, Lecture

[Lecture] La couleur des sentiments

Ok, avant d’aller plus loin, il faut que je précise: même si le titre fait un peu «cheapette», ce n’est pas QUÉTAINE!!!

En fait, avant de lire ce livre, je trouvais le titre bof. Mais en le finissant, il a pris tout son sens et j’ai compris.

Dans la vie, je lis beaucoup. Vraiment beaucoup. Genre c’est mon passe-temps préféré. Genre. Les soirées que je préfère, c’est celles où je m’enroule dans une doudou, tout de suite après souper, que je m’écrase dans le divan et que je lis pendant des heures.  (Un bon livre, évidemment). Généralement, je n’achale pas personne avec ce que je lis. Je ne partage pas mes coups de coeur ou mes coups de ark. Je fais ma vie de lectrice tranquillement.

MAIS LÀ, il faut que j’en parle. La couleur des sentiments. Wôw.

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La couleur des sentiments (ou si vous préférez The Help en version originale, écrit par Kathryn Stockett) prend place à Jackson dans le Mississippi, au début des années 1960. Autre époque, autre moeurs comme on dit: la ségrégation raciale bat son plein. Les femmes blanches se font vivre par leurs maris et restent à la maison pour jouer au bridge et potiner et les femmes noires sont des bonnes à tout faire, limite esclaves de leurs patronnes. Les lois, le mode de vie, le quotidien…tout est défini selon la couleur de votre peau. Et une couleur est plus avantageuse que l’autre, je vous laisse deviner laquelle.

Ça c’est le contexte. Maintenant, qu’est-ce qui se passe dans ce livre? On suit 3 personnages principaux…

Aibileen, une bonne qui travaille depuis 40 ans au service des Blancs. Même si son esprit bouillonne, elle a appris à tenir sa langue. Sa meilleure amie Minny, la «grande gueule» qui n’est pas capable de supporter en silence les différentes humiliations subies. Finalement Miss Skeeter Phelan, une Blanche souhaitant devenir écrivaine, dont le père est propriétaire d’une plantation.

On suit ces trois femmes dans le quotidien, on apprend à les connaître, les aimer, les plaindre ou les envier (ce qui est plutôt rare!) On vit avec elle les injustices, les abus, les inégalités. Un jour, elles en ont assez. Elles veulent changer les choses. Comment? En s’unissant. La Blanche bourgeoise et les deux bonnes Noires. Malgré la peur et les risques qu’elles prennent, elles écrivent, dans le plus grand secret un livre, une histoire bouleversante… La leur.

La couleur des sentiments m’a bouleversée. C’est pourquoi j’ai voulu partager avec vous cette découverte. C’est un livre poignant, émouvant, dur. Notre société est tellement ouverte, il est difficile de se mettre en contexte dans les années 1960, alors que les Noirs avaient leur partie de la ville, leurs hôpitaux, leurs épiceries, leurs écoles, n’avaient pas le droit de s’asseoir dans un restaurant ou dans l’autobus. Ils pouvaient se faire assassiner, battre, mutiler et c’était considéré comme un crime «moins grave». Ils étaient vraiment considéré comme une race inférieure et c’est franchement choquant.

En suivant Aibileen et Minny, on réalise que… Ce n’est pas une vie! Mais en même temps, on veut en savoir le plus possible sur elles. Leur passé, leur présent, leur futur, leurs soucis de la vie quotidienne, leurs ennuis, leur relation avec la patronne, leur relation avec Miss Skeeter, la «Blanche différente».

Drôle, touchant, émouvant, passionnant, choquant, captivant… Je n’ai pas assez d’adjectifs pour décrire ce livre. Alors je vais utiliser mon argument béton : j’ai pleuré. J’ai pleuré en lisant. J’ai vécu des émotions à travers les mots, les pages, les chapitres. Des émotions fortes. Vibrantes. Magnifiques. En lisant la dernière ligne, j’ai essuyé une larme, j’ai fermé le livre, souris, soupiré et souhaité le relire immédiatement. Souhaité qu’il ne finisse pas. J’aurais voulu savoir que sont devenues Aibileen, Minny et Skeeter 10 ans, 20 ans, 30 ans après la fin du livre. Je m’étais tellement attachée. Elles étaient mes amies. J’étais l’une d’elle. Blanche ou Noire, peu importe.

Alors en vous partageant  ce livre, c’est un peu ma façon de continuer à les faire vivre. (Je sais qu’il y a eu un film aussi sur ce livre: The Help, mais je ne l’ai pas vu. Parce que le livre était TELLEMENT bon, je ne veux pas risquer de le gâcher avec un film. Et tout le monde sait que le livre est toujours meilleur que le film. À cause des détails.)

C’est beau han?

Maintenant, allez lire ça et on s’en reparle! Laissez-moi savoir si vous avez été autant touchée, émue, bouleversée que moi.

La couleur des sentiments
Par Kathryn Stockett
Édition Actes Sud
Chez Renaud bray : 16,95$ 

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