Culture, Lecture

[Lecture] Le gardien de la norme – Les auteurs québécois, autrement.

Le gardien de la norme, de Jean-Pierre Leroux, c’est le témoignage d’une vie. La vie d’un des meilleurs réviseurs linguistiques que le Québec ait connu. Ces métiers solitaires du domaine langagier, vies de moines copistes et de réalisations dans l’ombre, à deux pas des auteurs et des éditeurs, eux-mêmes souvent dans la lumière que les projecteurs de la renommée refusent aux gardiens de la langue, ne peuvent qu’être celles de travailleurs humbles et dévoués à l’art d’écrire.

Le gardien de la norme, c’est un titre qui me laisse une impression mitigée. Entre la norme et les libertés que nous permet la langue, entre la prescription et la description, la rigidité de la règle et la souplesse de la prose, le purisme du français dit correct et le joyeux foutoir de ses déclinaisons régionales, où se positionner?

Dans la préface, Monique Proulx écrit : « Garder, c’est surveiller, non pour prendre en flagrant délit, mais pour mettre à l’abri. C’est protéger, non contre le changement, mais contre la disparition, l’écroulement. Le tout dans le silence recueilli de la lecture. »

Photo : Maïté

Dans ce livre empreint de la sensibilité de son auteur, de ses incertitudes et de ses doutes, on assiste à différents tableaux mettant en scène des auteurs et des éditeurs illustres qui ont marqué la vie de Jean-Pierre Leroux.

Si le style d’écriture est un peu technique et peut sembler simpliste, l’incroyable maîtrise de la langue française de l’auteur est indéniable et rend la lecture aisée et agréable. Ce livre est un délice d’anecdotes et d’analyses psychosociales aussi candides que justes, structuré de manière à permettre une évasion momentanée dans le métro, pour lire un portrait et à porter en soi, l’espace d’une journée, l’énergie et le bagage d’un de ces personnages du Québec littéraire comme les connaissait Jean-Pierre Leroux.

Si, comme le dit l’auteur lui-même, il est tout à fait impossible de publier un ouvrage entièrement exempt d’erreurs, j’ai pris un plaisir (sans doute malsain) à relever 2 ou 3 coquilles dans cet ouvrage qui parle de les corriger.

À lire! Le gardien de la norme, par Jean-Pierre Leroux, aux éditions du Boréal. 22,95$ pour 251 pages de bonheur.

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