Culture, Lecture

[Lecture] “Les infortunes de la Belle au Bois dormant T.01 Initiation” d’Anne Rice

Selon le conte traditionnel, la Belle sera tirée de son long sommeil par le chaste baiser d’un prince. Ici, point de baiser, c’est en l’initiant aux délices de la chair que le Prince rompra l’enchantement. Pour prix de sa délivrance, la Belle le suivra dans son lointain royaume où, comme des centaines d’autres altesses-esclaves, elle entrera au service de la mère du Prince. Dans ce monde de luxe et de luxure, elle devra assouvir tous les fantasmes de la reine et de sa cour, avant de reconquérir sa liberté. Exquises jouissances, humiliations délicieuses, enivrants sévices et voluptueuses souffrances… la Belle découvrira l’extase du plaisir dans la douleur, et l’ivresse de la soumission.

AUTEUR : Anne Rice

ÉDITION : M. Lafon
STYLE : Littérature érotique
352 pages
24,95 $

 

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Je l’avoue, je me suis laissé influencer par un nom. Et pas n’importe lequel : Anne Rice. La reine du fantastique, la « mère » de Lestat.

Quand j’ai parcouru les critiques de «Les infortunes de la Belle au bois dormant», décrit comme une trilogie érotique par l’auteur mais considérée comme hardcore, trop crue pour les lecteurs, j’ai décidé de me faire ma propre idée. Après tout, «50 Shades of Grey» était acclamé comme un livre hard par certains, alors que je le trouvais personnellement très ennuyant. Ce ne pouvait donc pas être si pire que ça…

« Pour lecteur averti. » Pfff… y’a rien là!

Je me suis donc lancé dans la lecture de «Les infortunes de la Belle au bois dormant» en me disant que ça allait être divertissant de voir ce qui peut tant choquer les gens.

Wrong.

J’ai été secouée à mon tour, et je ne suis pourtant pas parmi les plus prudes!

Des histoires de fessées à répétition, des personnages suspendus par les chevilles, parfois affublés de bottes ferrées et poursuivis sans relâche par un cavalier. Une salle de châtiments où le prisonnier est suspendu plié en deux, la tête entre les genoux, avec du miel sur les lèvres (on s’entend qu’on ne parle pas du visage ici) pour que les mouches viennent s’en délecter. Des « laisses », constituées de phallus au bout d’un bâton insérés dans l’anus d’un prince se déplaçant à quatre pattes. Voilà un agréable aperçu de la nouvelle vie de la Belle. Ajoutez à ça la répétition des scènes  (fessée, fessée, fessée) et une Belle vraiment trop soumise et pleurnicharde pour être intéressante, et vous avez une histoire (quelle histoire, en fait? Y avait-il vraiment un récit ou juste une succession de scènes?) soporifique en plus de scènes sadiques et franchement trop exagérées pour être plausibles.

Et la beauté de la chose : c’est une trilogie. Je vous laisse le soin de découvrir la suite, parce que je ne compte pas m’y plonger.

Si Anne Rice voulait dépeindre un univers sado-maso, le regard qu’elle nous apporte sur cette pratique est assez erroné. Je crois donc qu’il faut prendre le récit comme ce qu’il est uniquement : une fantaisie sexuelle, sans plus.

Je tiens quand même à préciser que ce livre n’est PAS un exemple de BDSM. Je ne m’y connais que peu en la matière, mais à ce que je sache, le BDSM se base sur des principes de respect et de sécurité. Ce récit en est exempt du début à la fin.

J’ai longtemps hésité à savoir si je devais mettre un passage du livre ou non, ne voulant pas choquer. Mais si vous avez continué à lire mon article jusqu’ici, vous savez déjà à quoi vous attendre.  Donc pour les yeux chastes et les cœurs sensibles qui s’offusquent du simple mot pénis, fermez vos yeux et changez de page. Vous êtes prévenus.

« Il y avait, sur ce palier, une statue de pierre qui effraya la Belle. C’était l’effigie de quelque dieu païen au phallus dressé.

Sur ce phallus, cette fois, on enfila le Prince Alexis, ses jambes enserrant le piédestal de la statue, la tête renversée sur l’épaule de marbre. Il lâcha encore un gémissement tandis que le phallus l’empalait, puis se tint en repos quand le Chevalier Félix lui lia les mains dans le dos.

Le bras droit de la statue était levé, les doigts de pierre de la main formant un cercle comme si, jadis, ils avaient brandi un poignard ou quelque autre instrument. Et voici que le Chevalier plaçait avec grand soin la tête du Prince Alexis sur l’épaule de la statue, au-dessous de cette main. Dans cette main serrée, il assujettit un phallus de cuir, le plantant de manière à ce qu’il entre dans la bouche du Prince Alexis.

La statue avait maintenant l’air de le vriller à la fois par l’anus et par la bouche, et il était comme lié à elle. Quant à son organe, aussi raide que précédemment, il poussait en avant, tandis que le phallus de la statue était en lui. »

Je vous épargne le passage suivant où son geôlier vient lui faire un pipe qu’il apprécie un peu trop… Parce que oui, selon le récit, tous finissent par apprécier les châtiments cruels et violents qui leur sont infligés. Les sévices de cette caste aristocratique ont pour but de les assagir et de leur apprendre l’extase de la soumission et de la douleur. C’est le syndrome de Stockholm à son meilleur!

Donc, ce livre traite d’abord du viol et du chantage pour enlever de la Belle au bois dormant (et là s’arrête toute comparaison avec le conte original, je vous l’assure) pour ensuite l’humilier et la châtier publiquement (devant sa mère, son père, les villageois et tout et tout…) puis la forcer à accepter en silence ET APPRÉCIER les attouchements et viols de chaque résident du palais royal. Ouais, sympathique de même…

Oh, et si vous pensez qu’il y a une fin joyeuse à tout ce cirque (comme un carnage sanglant digne du Red Wedding), détrompez-vous…

 

Bonne journée à tous!

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