Culture, Lecture

[Lecture] Patients

 

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Source : babelio.com

Titre : Patients
Auteur : Grand Corps Malade
Édition : Don Quichotte
Prix : 21,95 $ chez Renaud-Bray

 

Avec une plume pareille, on ne peut écrire qu’un chef-d’œuvre. Dès les premières pages, je ne me suis pas trompée. Et pourtant, il a quand même réussi à m’étonner. Bien que je croyais en sa force avec les mots, il a su me surprendre. Les émotions se sont engouffrées en moi, sans me demander la permission. Mon corps s’est naturellement ouvert à la tristesse et au rire. Un bien fou qu’on n’a pas besoin de contrôler, juste parce qu’on fait confiance à ce que nous lisons.

Je me promenais chez Renaud-Bray, sans intention particulière, comme souvent lorsque je passe devant la belle vitrine invitante. Tout en arborant une marche nonchalante et surtout paisible entre les beaux ouvrages luisants et colorés, mes yeux se baladaient et se laissaient combler par toute tentation, tant pis pour le portefeuille, juste pour le plaisir d’être là, à l’affût de toute découverte. En montant au deuxième étage, là où se trouvent tous les romans, je fais mon train-train habituel en faisant le tour de chaque rangée : nouveautés, romans québécois, romans étrangers. C’est là que, contre toute attente, un regard bleu et perçant, vint chercher le mien. Mais bien sûr ! Pourquoi n’y a-t-il pas pensé avant ?

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce nom, Grand Corps Malade est un slameur français pour qui j’ai beaucoup d’admiration, qui connaît un fort succès dans plusieurs pays d’Europe avec notamment trois albums sortis et des prix de reconnaissance aux victoires de la musique en France. Peut-être commence-t-il à avoir une certaine notoriété au Québec? Je l’espère. Car au passage, il a écrit une chanson magnifique sur Montréal. 😉

En tout cas, je prends dans mes mains cet ouvrage de Grand Corps Malade, enchantée par la découverte et la hâte de me plonger dans ce livre : Patients.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Grand Corps Malade, d’où le pseudonyme choisi, a eu un grave accident l’hospitalisant plusieurs mois et l’entraînant à renoncer à ses rêves de devenir un sportif de haut niveau. Ce roman parle du temps où il était à l’hôpital et en centre de rééducation. La narration choisie à la première personne du singulier nous fait entrer dans son monde, comme si nous étions près de lui, tel un journaliste en quête de réponses sur ce qu’il a réellement vécu. Ceci rapproche indéniablement son lecteur. Le langage utilisé est authentique, propre à lui, sans censure, et dépeint parfaitement l’univers qu’il a désiré créer (enfin, je crois 😉 )

La beauté de ce roman réside dans la façon de nous raconter l’histoire en faisant jouer nos émotions. L’auteur nous rapporte les conditions difficiles des personnes handicapées côtoyées. Il s’agit d’un sujet sensible. Et pourtant, c’est écrit avec une touche d’humour très équilibrée, donnant un récit léger et accessible. Enfin, de l’humour noir devrais-je dire. Peut-on parler d’autodérision de la part de l’auteur ? Allez, un aperçu :

« Je ne suis somme toute pas si mal que ça sur mon fauteuil coincé au milieu de ma chambre. Bon, d’accord, j’ai faim mais je ne bave plus, je peux avaler ma salive, je respire normalement. Si mon sourcil me gratte, je me gratte. Je peux regarder plein d’autres choses que mon plafond. Si quelqu’un m’emmerde, je n’ai pas encore assez de force pour le gifler mais je peux l’insulter… J’ai la belle vie, finalement. »

Tout au long de cette lecture, vous risquez fortement d’avoir les yeux humides tout en ayant un sourire spontané. Cette œuvre tente définitivement de changer le regard des gens vis-à- vis des personnes handicapées. En tout cas, avec moi, ça a fonctionné.

 

 

 

 

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1 Commentaire

  • Répondre [Lecture] N’oublie jamais, de Grégory Charles | Web et Mascara 10 septembre 2015 a 11 h 45 min

    […] En regardant la quatrième de couverture, j’ai vu qu’il s’agissait d’un récit personnel. Des perles de sagesse qu’il a hérité de sa maman et qu’il désirait transmettre à sa fille Julia. J’adore les histoires personnelles. Ma première révélation sur ce type de roman a été lorsque j’ai dévoré le livre Patients de Grand Corps Malade (Si ça vous tente d’en lire ma critique, c’est par ici!). […]

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