Culture, Lecture

[Lecture] Une place à prendre de J. K. Rowling

Je me suis lancée dans la lecture d’Une Place à Prendre sans me renseigner davantage que de connaître le nom de l’auteur. Bien évidemment, le nom J. K. Rowling a ravivé en moi les souvenirs d’Harry Potter et de la magie de Poudlard, et je me suis bêtement imaginée que, connaissant un tel succès et ayant ainsi démontré son talent incroyable pour ficeler des histoires intelligentes et colorées, J. K. Rowling poursuivrait dans la même lignée. C’était une grossière erreur!

Une place à prendre est un roman qui relate la banalité du quotidien des gens d’un petit village. L’histoire tourne autour de l’annonce de la mort du notable Barry Fairbrother, qui occupe un poste qui s’équivaut à un conseiller municipal au Québec, et des implications d’un tel décès. C’est ainsi qu’on voit, par le biais des yeux d’une myriade de personnages, l’effet de la disparition de cet homme politique dans la petite bourgade de Pagford.

Certaines critiques disent que ce livre est teinté d’humour noir, de satire féroce et dépeint l’hypocrisie sociale et intime vécue à notre époque.

Pour ma part, la vie de bourgade telle que décrite dans Une place à prendre est si commun, si prévisible que le livre n’est pas que terne, il est une totale déception.

Tout d’abord, vous pouvez sauter les 150 premières pages où l’ “action” est l’annonce, à répétition, de la mort de Barry Fairbrother. Puis, vous entrez dans le monde de la manupulation personnelle et la guerre d’influence du monde politique de Pagford, le tout agrémenter de la guerre de quartier entre la vieille section de la ville et les nouveaux quartiers à loyers modiques.

Si vous pensez avoir droit à un livre pour enfant, repensez-y encore! Le roman n’est pas qu’un ramassi de stéréotype de classes, il est en plus truffé d’horreurs tels que viols, enfants maltraités, addicts à l’héroïne, des personnes battues et humiliées et des enfants qui veulent tuer leurs parents. Les scènes de violences domestiques, de sexualité débridée ou inconsciente (une gamine qui fait mettre les garçons de sa classe en ligne pour lui tâter les seins à tour de rôle, et des récits de masturbations tout sauf érotiques…) et de manipulations émotionnelles sont alarmantes. Bref, on est loin de Poudlard! Les descriptions sont ridicules (un condom usé comparé au cocon d’une grosse larve…), la femme est dégradée à un objet sexuel sans cervelle et l’état psychique des personnages s’apparente par moment au trouble de la personnalité limite (Borderline).

Il y a, bien entendu, des scènes joyeuses et des interruptions d’humour bien pensées, mais le lecteur est ramené si rapidement à l’hypocrisie sociale qui dépeint le roman qu’il en oublie le vague sourire qui s’est dessiné sur notre visage l’espace d’un instant.

De plus, le vagabondage d’un personnage à une vingtaine d’autres n’est pas un style qui me rejoint, et j’ai davantage tendance à confondre les personnages entre eux plutôt que de plonger dans le récit. Par un tel style d’écriture, le lecteur se détache rapidement des émotions vécues. La redondance des propos (revoir l’annonce de la mort d’une personne au travers des yeux d’une bourgade entière, c’est vraiment trop répétitif à mon goût) est exaspérante et sans intérêt.

Pour être sympathique envers cette auteure que je respecte énormément, je dirai donc simplement que ce roman n’avait pas un style qui me convenait.

 

La morale que je retire de mon expérience avec Une place à prendre est de ne pas avoir d’idées préconçues sur un roman simplement du fait qu’un auteur qu’on apprécie l’a écrit.

Soyez certains que j’ai appris à lire le quatrième de couverture avant de me lancer dans la lecture d’un nouveau roman!

 
 

Une place à prendre   (The Casual Vacancy)
Joanne Kathleen Rowling
Prix Renaud-Bray : 36,95 $
Éditeur : GRASSET
ISBN : 9782246802631

 
 

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