Musique

[Musique] Ale Dee, un lion docile.

Je sens l’obligation de me justifier en débutant. Je ne suis pas une grande fanatique de rap, ou de la culture hip-hop en général. Ce n’est pas que je déteste ce style de vie, je sais même apprécier objectivement les pièces musicales qui m’accrochent. Voilà pourquoi je ferai une revue honnête du dernier album de l’artiste Ale Dee, 4 minutes de gloire. Ale Dee se présente comme étant un rapper québécois au style musical différent, qui se distance bien des préjugés et clichés de l’industrie.

D’entrée de jeu, l’album présente une qualité de production musicale surprenante. La pièce “Encore ma vie” est couchée sur un beat très orchestral, très bien arrangée, et ses paroles semblent être une présentation du style, des origines et de la vie d’Ale Dee. Le second morceau, “Rien ni personne », aussi grognant et colérique que la première piste de l’album est lancé comme un avertissement aux médias et à la compétition de bien se ranger, car il fait sa place. C’est à partir de ce moment que l’énergie de l’album se calme graduellement et qu’Ale Dee passe de Lion à petit chaton. Je m’explique. Quand les premières pièces d’un ouvrage musical entrent en défonçant la porte, l’impact est fait et j’ai l’impression qu’il serait difficile d’entretenir une telle intensité jusqu’à la fin du disque. Mais pour comprendre que sa musique ne souffre pas lorsqu’elle est plus calme, il faut écouter la pièce La femme de ma vie, parue en 2010 sur l’album “Entre la mine et l’papier”, son opus précédent. C’est une pièce émotive qu’il a écrite en hommage à sa mère qui combat le cancer. Ça n’annule en rien le contenu de qualité de l’album, mais l’expérience d’écoute en générale nous laisse un peu sur notre faim.

Les textes d’Ale Dee sont souvent très sournois et à quelques reprises, je n’ai compris le sens de certaines rimes qu’à la deuxième ou troisième écoute. Violons, piano et guitares électriques accompagnent avec harmonie les beats bien construits de l’album. À noter une belle collaboration avec Jean-François Dubé, de Noir Silence sur la chanson “Pour que tu reviennes”. J’ai cherché longtemps à qui appartenait cette voix familière!

En résumé, ce n’est pas un album qui réinvente le genre (mon humble opinion, et je ne suis pas une grande connaisseuse!), mais qui rajoute plutôt une nouvelle saveur à un style très populaire au Québec. C’est un album qui plaira assurément aux amateurs de textes réfléchis et de philosophie urbaine. Ce n’est pas hyper-underground, sans être trop commercial. Bref, 4 minutes de gloire d’Ale Dee m’a initiée à ce style musical que je n’écoute que rarement, et je suis capable d’avouer que ma tête s’est fait allée à plusieurs reprises durant l’écoute. C’est surement bon signe!

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