Art de vivre

[Société] Maman au foyer? Ouais mais non, je pense pas

Avant de tomber enceinte, je n’avais jamais même effleuré l’idée de devenir maman au foyer à temps plein. Non mais que vais-je faire de mes journées? Passer mon temps à m’occuper de bébé, de la maison, de préparer les repas, de nettoyer la maison? Êtes-vous malade, je vais mourir d’ennui toute seule et je vais compenser cet ennui en mangeant (je me connais) pour finalement faire de l’obésité morbide. Non merci.

 

 

Maintenant, j’y songe sérieusement. Tout ce que j’y voyais de négatif, je le vois maintenant en positif. Être là pour bébé (donc on économise sur les frais de garderie!), prendre soin de la maison, cultiver un jardin, préparer la boîte à lunch de chéri [insérer chanson-thème de Ma sorcière bien aimée], mais surtout, plus de patrons, plus de stress de projets à remettre jamais assez tôt, plus de gestion de crise entre employés et patrons, plus d’embouteillages monstre, plus de transport en commun collé sur trop de monde avec un chauffeur à l’humeur discutable. La vie rêvée, quoi!

 

Mais, on n’est plus en 1950 (et c’est tant mieux, mais…) La société dans laquelle on vit nous encourage à ne vivre que pour le travail. « Non non ce n’est pas vrai, on est axé sur la famille. » Haha, elle est bien bonne! Oui, il y a les garderies à 7 $ et les remboursements anticipés, mais il reste que ça coûte cher. De plus, une femme ou un homme qui décide de rester au foyer pour élever ses enfants pendant que l’autre membre du couple rapporte de l’argent, ce n’est plus aussi bien vu qu’avant. Ah, bien sûr, il y a eu des programmes visant à encourager les femmes (principalement) à devenir maman à la maison à temps plein, mais lorsque ces femmes veulent retourner sur le marché du travail, ah bien là, vous n’êtes plus compétente!

 

 

Qu’est-ce qui m’a poussé à envisager peut-être devenir maman à la maison un jour? Après tout, j’exerce la profession pour laquelle j’ai étudié et j’aime mon travail. Eh bien, sans y aller dans le « YOLO », je me suis rendue compte que la vie passait rapidement et que le travail nous bouffe au minimum 35 heures par semaine, temps précieux dont on pourrait profiter en famille. Je sais, c’est beau rêver, il faut travailler pour vivre. Mais un autre événement m’a fait réaliser que ça serait peut-être plus simple de rester à la maison. Les patrons aiment bien ça les femmes enceintes, mais pas dans leur cour. Et je parle ici de façon très générale. Évidemment, je comprends très bien qu’un congé de maternité, ce n’est pas exactement un investissement, mais d’un autre côté, va-t-on s’empêcher de fonder une famille pour nos employeurs? Et si moi, je voulais 4 enfants? On va me faire sentir indirectement coupable par 4 fois? Et si je veux ces 4 enfants rapprochés, qu’il n’y ait pas d’écart de 15 ans entre le plus vieux et le plus jeune? C’est bien beau de faire passer sa carrière en premier, mais qui sait, si j’attends trop, j’aurai peut-être une maladie qui m’empêchera de procréer et là, ah bien ça sera dommage. En étant maman à la maison, on a au moins cette tranquillité d’esprit, en quelque sorte.

 

D’un autre côté, il y a toujours un risque. Disons que je reste à la maison pour élever mes enfants et que c’est mon chum qui travaille pour subvenir à nos besoins, si ce dernier perd son emploi, on fait quoi en attendant? Je retourne caissière chez Maxi faire une dépression? Je m’achète des billets de loto et je prie pour qu’on gagne? C’est bien beau l’assurance-chômage, mais les conditions sont tellement strictes que lorsque tu en as besoin, tu dois te fendre en 4 pour que le gouvernement décide de t’aider. Autre solution, être entrepreneur et fonder sa propre entreprise. Cette solution me semble idéale, mais ce n’est pas tout le monde qui en a les capacités (moi, par exemple!), donc le problème n’est pas encore réglé.

 

Source : Mommy Posh

Source : Mommy Posh

 

 

J’ai vaguement parlé du côté du retour sur le marché du travail. En 2003, dans la région de New York, le populaire magazine Times avait créé un mouvement en encourageant les femmes à devenir femmes au foyer à temps plein, vantant tous les bons côtés. Quelques années plus tard, on retrouve des femmes qui avaient suivi la vague, divorcées, travaillant à un petit salaire de crève-faim pour subvenir de peine et de misère aux besoins de leurs enfants (source : Jezebel [en anglais seulement]). C’est malheureux, mais c’est difficile de prouver à la planète entière après 10 ans passées loin de (l’enfer du) marché du travail qu’on est toujours compétent dans notre domaine, à moins d’avoir pu faire des contrats à partir de la maison.

 

Bref, la société dans laquelle on vit nous encourage à s’occuper de notre famille, mais en même temps, elle nous met elle-même les bâtons dans les roues. Quoi faire? Selon moi, suivre son instinct!

 

Qu’en pensez-vous? Y a-t-il des mamans au foyer dans la salle? N’hésitez pas à partager vos expériences et vos opinions, j’ai hâte de vous lire!

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7 Commentaires

  • Répondre Marie Noelle 17 septembre 2013 a 7 h 11 min

    Ça, c’est le genre d’article qui peut susciter des débats. Sans vouloir lancer une bombe, je voudrais juste conseiller à toutes celles qui hésitent, peu importe la raison, de lire le livre du Dr Chicoine Le bébé et l’eau du bain.

    Description prise sur Amazon:
    “Parce qu’il nous faut parfois douter de nos choix de parents, mais aussi de nos choix de société. Parce que même si nous aimons nous épanouir au travail, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous laissons nos enfants à la garderie le matin, et ce même s’il existe d’excellentes garderies et que les enfants qui les fréquentent se portent très bien, merci. Mais… Parce qu’il y a des « mais ».

    Beaucoup de parents se sentent frustrés face à un programme, celui des garderies, qui ne semble pas pouvoir s’adapter aux besoins des familles qu’il serait supposé aider. Ce n’est pas la seule aberration du genre. Comment justifier que les éducatrices en garderie soient si mal rémunérées alors qu’elles accomplissent le travail le plus important qui soit, celui d’éduquer nos enfants?

    Ce livre est né à la suite d’une déclaration-choc lancée à la télévision par un médecin qui s’inquiétait à propos du développement des enfants. Il s’est construit grâce aux connaissances et à l’expérience d’un pédiatre, grâce aux questions d’une journaliste interloquée, grâce aux réactions de plusieurs parents excédés. Ce livre ne dénonce pas, n’accuse personne. Il réfléchit à voix haute, avec les parents, sur la place accordée aux enfants et à la famille dans notre société.”

    Tsé, la décision de rester à la maison, c’est d’abord et avant-tout pour le mieux-être de nos enfants!

    • Répondre Valerie Ricard 17 septembre 2013 a 10 h 00 min

      J’espérais un peu créer un débat, sans y aller avec une brique et un fanal. C’est effectivement tellement dur de décider… Il faut de l’argent pour vivre, donc la carrière de maman à la maison n’est pas très payante monétairement (bien qu’elle compense à merveille sur tous les autres points!)

      Je vais aller me chercher ce livre. Merci de la suggestion 🙂

  • Répondre Claudine Martel 17 septembre 2013 a 10 h 20 min

    C’est tellement ma situation actuelle 🙂 Tu as viser pile avec cet article. Moi, pleine au As ou pas je ne suis pas une maman au foyer mais attention pour ce qui est des tâches pour mes enfants rester à la maison n’importe quand. C’est pas facile, je n’es pas toujours tout les truc pour leurs faire passer une journée aussi amusante que dans une garderie. Mais je suis la pour eux, je leurs donne attention et amour et ils se sentent a leur places et sa cela moi y’a pas une garderie qui peut égaler sa. M’ouvrir mon cabinet de comptable dans ma grande maison ( rêve de petite fille) oui je serai surement plus à la maison. Quoique j’aurai tout de même besoin de prendre de l’air par moment ;P

    J’aime mes enfants plus que tout au monde mais j’ai besoin de ne pas m’oublier aussi ( sa peut sembler égoïste dit comme sa)

    Bref, être maman c’est déjà un gros emplois a temps pleins alors chapeau a nous toutes 😉

    • Répondre Valerie Ricard 17 septembre 2013 a 10 h 23 min

      Ben non c’est sur qu’il faut prendre l’air de temps en temps! C’est comme n’importe quoi! Faut pas virer fou 😀

      Je songe de plus en plus à m’ouvrir mon bureau de traduction à la maison. Ca combine le meilleur des deux mondes, en quelque sorte, bien que je suis pas forte sur le fait d’aller rechercher des clients.

      La vie s’est vraiment dit “pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!”

  • Répondre Marie-Eve B. 17 septembre 2013 a 14 h 28 min

    Merci de poser ces questions. Et bonne idée Marie-Noelle!

    Je suis maman à la maison depuis 5 ans – le meilleur choix qu’on a fait. Pas le plus facile, quand même sans carrière à temps plein ça enlève un stress, mais le meilleur pour la qualité de vie familiale. Le reste, ça s’arrange. Nos arrières grands-parents vivaient généralement avec moins qu’on a et avaient des grosses familles – on est capable de s’arranger avec de la planif et la main à la pâte.

    Je voudrais juste ajouter aux bons points de vue celui de l’enfant. Je pense qu’on peut trancher le débat avec cela, en se posant la question: “Et qu’est-ce qui serait le mieux pour l’enfant (ou les enfants), s’il pouvait exprimer librement sa pensée, ne choisirait-il pas maman contre tout autre type de situation à temps plein?” Notre biologie nous urge de rester en contact près au moins pendant les premières années, let’s go avec l’instinct familial…

    • Répondre Valerie Ricard 17 septembre 2013 a 17 h 21 min

      J’aime ça comme point de vue et je suis bien contente de voir que c’est possible comme situation 🙂 C’est bien vrai, nos grands-parents et arrières-grands-parents vivaient avec des dizaines d’enfants sans avoir autant de ressources, on devrait s’en sortir!

    • Répondre Audrey Gauthier 18 septembre 2013 a 12 h 41 min

      C’est une belle question, Marie-Ève!
      Qu’est-ce qu’on fait quand on a un enfant “sociable” qui préfère être entouré d’amis plutôt que de passer une journée avec papa et maman seulement, même si on est avec lui à 100% et qu’on fait plein de jeux?
      Mon garçon ne pleure JAMAIS pour aller à la garderie, même pasla première journée qu’on l’a changé de garderie (et c’est arrivé 2 fois en moins d’un mois… toute une histoire!).

      On ne parle pas souvent des papas à la maison non plus… Je me demande si la réintégration sur le marché du travail est plus facile pour eux que pour la femme qui est restée au foyer.

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