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[Spectacle] Concert RPG de l’OJV + Entrevue avec le chef d’orchestre

Le 26 février dernier, Audrey G. et moi avons eu la chance d’assister au concert RPG de l’orchestre de jeux vidéo. J’en suis ressortie émerveillée et je suis certaine qu’Audrey se sentait de la même façon!

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Dès la première pièce, j’étais gagnée. Kingdom Hearts. J’ai presque pas du tout versé une larme. Pas mon genre ça! Le tout était exécuté d’une superbe façon. Vraiment, j’étais impressionnée. Parce que c’est hallucinant de voir des musiciens jouer les trames sonores que tu écoutes lorsque tu joues à des jeux vidéo. Lors de l’interprétation de Chrono Cross, je me retenais de ne pas sauter sur ma chaise pour applaudir telle une maudite hystérique.

 

L’orchestre nous a amené dans les univers de jeux vidéo RPG incontournables : Secret of Mana, Fable II, Ni No Kuni, Final Fantasy, Chrono Trigger, Morrowind, Super Mario RPG, pour ne nommer que ceux-là! Vraiment, la soirée a été magique. Les musiciens sont si talentueux et il y avait des RPG pour tous les goûts!

 

Je dois avouer que je ne savais pas tellement comment m’habiller. On s’en va voir un orchestre, je peux pas aller là en jeans/T-shirt voyons. Bon, c’est finalement ce que j’ai fait, en me disant que c’était quand même un univers geek (et sans s’être consultées, Audrey et moi portions toutes les deux un chandail de Zelda!) Finalement, on ne jurait pas dans le décor… Il y avait de nombreux cosplayers, de superbes cosplays d’ailleurs! Yuna et Charizard sont les plus réussis, à mon avis.

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mention spéciale : nous avons ADORÉ que le chef d’orchestre prenne le temps, à la fin de CHAQUE pièce, de faire lever ses solistes et de pointer l’arrangeur de la pièce (la personne responsable des arrangements musicaux).

 

Petit moins : les animations sont un peu longues… J’ai adoré les animateurs (moi, des geeks, j’aime dont ça! Leur petit côté un peu awkward, je trouve ça adorable!), mais rendue à l’entracte, je commençais à avoir hâte de partir parce que j’étais fatiguée! Aussi, vers la fin, ils font tirer des prix et si vous êtes gagnant, il y a un petit concours pour déterminer l’ordre des prix. C’est cool, pour vrai, mais ça me semblait interminable. Mais les animations m’ont bien fait rire. On va leur donner ça!

Et ne pensez pas à arriver trop tard pour ne pas attendre inutilement dans le hall. Des tables sont disposées un peu partout. Ce soir-là, il y avait une table pour le Otaku Manga Lounge, une table avec du SUPERBE Pixel art en perler beads et des télés avec des consoles pour vous divertir en attendant que le concert commence.

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Crédit : Audrey Gauthier

Si vous n’êtes pas déjà allé les voir, lancez-vous sur leur prochain concert. Nous, nous y serons, c’est certain!

Nous avons eu la chance d’avoir le nouveau chef d’orchestre de l’OJV, Jonathan Dagenais, en entrevue! Super sympathique, il a été très généreux de son temps.

Web et Mascara : Bonjour, contente de vous rencontrer! Donc vous êtes le tout nouveau chef d’orchestre?

Jonathan Dagenais : De l’orchestre de jeux vidéo, oui.

WM : De l’orchestre de jeux vidéo, même si ça fait longtemps que vous êtes dans le domaine?

JD : Dans le domaine de la musique, pas dans le domaine du jeu vidéo. En fait, je suis dans le domaine du jeu vidéo depuis que je suis jeune. Je suis un gamer, mais dans le domaine de la musique, ça fait longtemps.

WM : Donc, vous êtes un gamer?

JD : J’ai été un gamer étant plus jeune. Avec tous les projets dans ma vie, à un certain point, j’ai laissé tomber le tout de côté, mais je dirais que depuis que j’ai pris la direction musicale, c’est revenu.

WM : Est-ce que c’est justement ce qui vous a amené à l’orchestre de jeux vidéo?

JD : Oui. Je dirige déjà des ensembles un peu partout, où l’on retrouve un répertoire plus classique. Dans ce cas-ci, c’est de la musique de jeux vidéo, une musique qui m’a beaucoup habité quand j’étais jeune. D’ailleurs, je suis compositeur pour l’orchestre et mes pièces sont souvent teintées de jeux vidéo. J’entends beaucoup les sonorités de Nobuo Uematsu [reconnu, entre autres, pour la trame sonore des Final Fantasy], de compositeurs pour jeux vidéo qui teintent beaucoup ma musique. Quand le poste s’est ouvert, je me suis dis que c’était un mariage parfait; tout mon côté geek, l’influence que ça a eu sur ma musique, plus le côté musical que j’aime beaucoup.

WM : Si vous aviez à parler des jeux vidéo qui ont le plus marqué votre enfance, quels seraient-ils?

JD : Ça va être rétro! Toutes les séries Mario, les classiques… Mario et Zelda m’ont beaucoup marqué. Les Final Fantasy m’ont extrêmement marqué. Je suis quelqu’un qui adore les RPG. Sinon, les jeux de NES et Super Nes parce que quand j’étais jeune, j’étais du genre à louer les cassettes sans arrêt. Les Mario Kart. Les jeux de cette époque. Je suis un gamer de grands classiques.

WM : Le concert de ce soir, est-ce vous qui l’avez écrit, qui avez écrit les arrangements musicaux?

JD : Non. Maintenant, nous sommes une équipe d’arrangeurs; des musiciens de l’orchestre, des gens de l’extérieur, moi-même. C’est toute une équipe qui écrit chaque pièce. Ce qui est intéressant, c’est que ça donne une couleur vraiment particulière au concert. On entend les touches propres à chaque personne. Cependant, c’est l’équipe qui décide. On se dit « ok on fait un concert RPG », on s’asseoit ensemble, on a un petit comité qui s’appelle « le Cercle des arrangeurs de l’OJV ». Ça fait un peu secte [rires], mais c’en n’est pas une! On a des réunions très conviviales de temps en temps. On y parle d’écriture, d’arrangements, comment mettre la musique de jeux vidéo à l’orchestre… On discute beaucoup. On décide ensemble du répertoire et qui fera quoi. Ce qui est bien, c’est que, si quelqu’un qui a été très fan d’un jeu en particulier, cette personne voudra faire cet arrangement-là et on va lui donner parce que, non seulement elle veut le faire, mais en plus, elle a le cœur à ça. Il y aura une implication beaucoup plus émotionnelle dans l’arrangement. Justement, dans ce concert-ci, j’en fais un. J’en fais seulement un parce que je manque de temps à cause de tous mes autres projets. Je m’étais promis de ne pas commencer à écrire pour l’orchestre avant l’année prochaine, mais je n’ai pas pu m’empêcher dans ce concert-ci. C’est justement Final Fantasy VII, une de mes trames sonores préférées. Dans mon top 3 je dirais.

WM : Quel serait votre top 3 de trames sonores?

JD : Final Fantasy VII, Final Fantasy VI. En fait, Uematsu, pour moi, c’est un des grands. C’est surtout que, à l’époque du 8-bit, 16-bit, même PlayStation 1 et 2, l’écriture sur 4 ou 8 pistes, les compositeurs étaient très serrés, avaient peu de moyens pour réaliser quelque chose musicalement. Ils utilisaient donc des mécanismes et des outils efficaces pour le faire. Par exemple, si on écoute la trame sonore de Final Fantasy I et II, c’est du 4 pistes : 1 piste de normal, 1 piste de percussions, 2 pistes d’accompagnement. À l’intérieur de ça, il faut que le compositeur réussisse à créer une émotion, une atmosphère. Il y avait un petit côté recherché qui visait vraiment l’efficacité. C’est ce qui fait que ces trames sonores-là me touchent vraiment beaucoup.

Les trames sonores des jeux maintenant me touchent tout autant. Cependant, quand on prend une trame sonore orchestrale, c’est un orchestre symphonique qui a enregistré pour un jeu, comme les Medal of Honor. C’est aussi de l’excellente musique, mais ça se rapproche beaucoup de la musique de films. On vient rejoindre donc le monde de la musique de films, tandis que le côté jeu vidéo, où on a peu de moyens pour faire de la musique, a quelque chose de vraiment particulier. C’est pourquoi les trames sonores de ce temps-là sont mes préférées. Super Mario RPG, qu’on fait ce soir, c’est une de mes excellentes trames sonores. Megaman! Surtout Megaman 2. Je me souviens, quand on était au cégep, avec un de mes amis en musique, on avait fait un petit duo vibraphone et basse électrique de pièces de Megaman!

WM : Donc c’est vraiment le côté rétro du jeu vidéo qui vous intéresse?

JD : Actuel aussi. Toutefois, par le fait que j’ai grandi avec ces consoles-là, c’est viscéral, ça m’a marqué. C’est sûr que je m’amuse encore. Chez moi, j’ai des consoles plus modernes. Je joue également sur mon ordinateur quand j’ai le temps, mais le côté nostalgique est tellement fort. C’est aussi, je crois, ce qui vient chercher les gens dans nos concerts; ils revivent en concert un élément narratif qui leur a fait vivre une émotion pendant qu’ils jouaient. Je compare souvent cela à une odeur. Vous retournez quelque part, en campagne, le chalet de vos grands-parents, et en rentrant, il y a une odeur qui vous rappelle votre enfance. C’est le même principe avec la musique de jeux vidéo. L’aspect nostalgique est ici très intense. Mais je ne suis pas toujours dans le rétro. On fait des trames sonores plus récentes aussi ce soir, de RPG plus récents, comme World of Warcraft. On ne fait pas Skyrim, mais on l’a déjà fait.

WM : Vous, en tant que nouveau chef d’orchestre, quelle saveur allez-vous apporter, par rapport à ce qu’on a vu dans les concerts précédents?

JD : En fait, je ne sais pas si c’est différent, mais j’ai ma propre approche musicale, peu importe l’orchestre avec qui je travaille. J’essaie toujours d’y apporter ma touche, soit un très grand souci pour la  sonorité de l’orchestre. Dans un orchestre de 56 musiciens, ce sont 56 individus qui jouent d’un instrument et le but ultime, c’est de travailler en équipe, d’en faire une sonorité d’ensemble, donc je travaille beaucoup sur cet aspect. L’expressivité des lignes est aussi importante, dans le sens que, la musique 8-bit ou 16-bit, c’est des sons d’ordinateur. Un son d’ordinateur, ça ne phrase pas. C’est très rare, à moins d’utiliser certains systèmes, de donner un phrasé, une direction, un crescendo… Nous, on peut le faire. Je travaille beaucoup le phrasé avec l’orchestre, l’expressivité d’une ligne, peu importe si c’est une ligne principale, une ligne d’accompagnement. Cette ligne-là, elle part d’où et se rend où. Il y a une grande touche classique que j’amène dans la sonorité, qui fait exploser le son. Ça, c’est ma touche personnelle quand je travaille avec des orchestres. L’unité de jeu est également très importante. Ça signifie que, si on joue un rythme, une articulation, un style ensemble, l’unité et tout le groupe doit s’abandonner à ça.

WM : Si on regarde dans le futur, que planifiez-vous pour l’orchestre?

JD : Ça, c’est toute l’équipe du comité administratif et du Cercle des arrangeurs. De mon côté, c’est sûr que j’ai plein de projets que j’aimerais faire, mais on est toute une équipe à décider. Par exemple, j’aimerais qu’on participe à l’enregistrement d’une bande sonore originale de jeu. Ça serait un superbe projet. Aller jouer ailleurs qu’à Montréal, aussi, ça serait bien. On sait qu’il y a des gens de Québec qui aimeraient nous entendre.  Je pousse beaucoup pour ça. J’aimerais également faire des concerts dans des plus grandes salles.

WM : On vous le souhaite parce que c’est toujours un plaisir de venir vous voir, de voir les musiciens jouer ensemble. Il y a beaucoup de talent dans votre équipe!

JD : Merci! Que ce soit même au niveau de l’écriture, il y a vraiment beaucoup de talent. Ce n’est pas tout le monde qui peut prendre une pièce et l’écrire pour l’orchestre. On a 8 personnes dans l’orchestre qui font ça et qui le font bien. Déjà, 8 personnes sur 50, c’est presque 1/5e de l’orchestre!

WM : Dernière question, est-ce que l’OJV compte rester un OSBL [organisme sans but lucratif]?

JD : Je crois que oui, mais je n’ai pas réponse à ça. Tout ce qui est administratif, c’est vraiment tout le comité ensemble. Mais oui, je crois qu’on va rester un OSBL parce qu’on ça nous donne beaucoup de latitude de ce côté.

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