Culture, Spectacles

[Spectacles] Mes yeux ont vu le Nederlands Dans Theater

Hier soir j’ai eu le privilège d’aller voir la troupe de renom internationale Nederlands Dans Theater sur les planches du théâtre de Maisonneuve à la Place des Arts, pour un programme triple, proposé par Danse Danse.

Sehnsucht

Un premier danseur est accroupi. Un cube grandeur nature enferme une femme et un homme qui s’entrelacent, se détachent. La musique de Beethoven en trame de fond nous emmène dans l’intimité de cette boîte qui tourne sur elle-même. Puis sur la scène, plusieurs danseurs, tels des automates, se rejoignent et nous livrent des enchaînements aussi techniques que grandioses. Une danse contemporaine aux allures de ballet nous enivre et nous emporte de droite à gauche, de la performance d’un danseur à celle de l’ensemble, de bas en haut, d’intérieur à extérieur, de vide à plein. Les chorégraphes Sol Léon et Paul Lightfoot qui collaborent depuis 26 ans ont tenté de traduire ce qu’est l’état de manque. Cette composition magistrale fait vibrer notre cœur par le plaisir des yeux.

Crédit photo : Rahi Rezvani

 

In the Event

Après un entracte de 20 minutes à mesurer les performances artistiques de la troupe, je suis prête pour la seconde partie en espérant que le temps ne filera pas aussi vite. Sur un fond sonore d’orages et un décor d’éclairs, les quelques danseurs de la chorégraphe Crystal Pite nous présente In the Event. Tout en harmonie, ils créent une vague commune. Après quelques minutes, on attend avec impatience que ça décolle. Malheureusement, bien que les danseurs soient d’une technique impressionnante et la chorégraphie bien agencée, le show s’arrête comme il a commencé et nous laisse un peu sur notre faim. Un 23 minutes de va-et-vient. De tiraillements. De douleurs. Le style de cette troupe diffère complètement de celui de la précédente. Est-ce pour cela? L’effort y est, mais on sent un léger décalage. Il ne nous reste plus qu’une seule performance, celle de la troupe de Sol Léon et de Paul Lightfoot qui revient. Celle-là, je vais pleinement la savourer, c’est la dernière shot.

Source : dansedanse.ca

Crédit photo : Rahi Rezvani

Stop-motion

Comme s’ils étaient des pantins infatigables, tous les personnages de cette chorégraphie sont parfaitement articulés. Vêtue d’une robe à longue traîne, une des danseuses investit l’espace, tourne sur elle-même. Des projections nous montrent une femme endeuillée, puis un oiseau qui prend son envol… Des danseurs courent, des couples se créent… Les violons nous envoûtent, le spectateur ébloui attend le moment crucial, l’apogée… Tel un chef d’orchestre qui conduit les musiciens crescendo, la musique est de plus en plus haletante, le rythme de la danse de plus en plus important. Quelque chose va se produire, on l’attend. Mais si tout était majoré pour nous appâter pour nous frustrer? Je ne connais pas cette troupe après tout… Et bien non, c’est même tout le contraire. Dans une explosion de poudre blanche, les jambes du danseur qui a ouvert le bal dans Sehnsucht volent et nous en mettent plein la vue au même moment où part la musique.Tourbillon, équilibre, le danseur est déchaîné au rythme de la musique qui bazarde tout sur son passage. Les danseurs continuent de plus bel dans cette transe, et à ce moment précis j’aimerais que le spectacle se fige et ne tire pas vers sa fin. Mais il ne dure que 34 minutes, et tel un étirement à la fin d’un entraînement, la délicatesse d’une danseuse et de son partenaire nous emmène sagement vers la dernière note de la trame musicale, et pas à pas vers la dernière pointe éclairée. Stop-motion nous traduit les notions de passé, de présent et de futur qui s’emmêlent les pinceaux, illustrant la transformation après le deuil.

Source : dansedanse.ca

Crédit photo : Rahi Rezvani

Ce dernier programme m’a littéralement subjuguée. Toutes ces sensations sont venues me réchauffer le cœur et l’esprit. Arborant un style très européen, mes racines étaient totalement en éveil. Que de beauté, d’élégance et d’élancées. Ma mère, grande danseuse elle aussi, m’avait déjà dévoilé le secret d’une performance réussie : c’est lorsqu’on a l’impression que c’est facile que la magie opère, alors que l’on sait à quel point chaque mouvement, pause, équilibre font crier les pieds de douleur et couler le long du dos la sueur. Et ce soir-là, je l’ai bien compris.

Du 1 au 5 novembre 2016, 20 h, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, à Montréal.

Une rencontre post-spectacle avec les artistes est possible le vendredi 4 novembre.

Pour prendre ses billets ou avoir plus d’infos, c’est sur le site dansedanse.ca.

 

 

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1 Commentaire

  • Répondre [Danse] Tentacle Tribe à la Place-des-Arts | Web et Mascara 21 novembre 2016 a 21 h 46 min

    […] de Maria Pagés et la compagnie NDT, c’est Tentacle Tribe, ce duo montréalais organique de hip-hop conceptuel aux saveurs toutes […]

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