Cinéma, Culture

[Cinéma] Amy : la célébrité qui tue

Amy Winehouse était une jeune londonienne qui voulait faire de la musique, parce que c’est ce qui la rendait heureuse. Chanter du jazz, c’est ce qui la faisait vibrer.

Mais rapidement, la machine de la célébrité s’est emparée d’elle, ses problèmes d’enfance l’ont rattrapée, son entourage s’est détérioré et elle avait besoin de drogue et d’alcool pour faire ce qui, auparavant, la faisait vibrer.

Elle a perdu l’essence de ce pourquoi elle faisait ce métier, au point tel qu’un jour, elle a voulu cesser de vibrer. Point. Pour toujours.

C’est ce qu’on constate en regardant le documentaire Amy, du cinéaste Asif Kapadia. Un documentaire touchant, bouleversant, composé d’images et de vidéos d’archives, dans lequel on voit Amy enfant, Amy ado, Amy à ses débuts, Amy en entrevue, Amy en spectacle, Amy avec ses parents, Amy avec ses amis, Amy avec ses amoureux, Amy avec son bodyguard,  Amy boire un peu, Amy se saouler, Amy se droguer, Amy sous ses bons et ses moins bons jours.

Parce que des moins bons jours, elle en a connu. Beaucoup. Beaucoup trop même. Elle le chantait pourtant dans ses chansons. Mais personne n’a vraiment porté attention. Ça faisait de bonnes chansons.

They tried to make me go to rehab but I said, ‘No, no, no.’
Yes, I’ve been black but when I come back you’ll know, know, know
I ain’t got the time and if my daddy thinks I’m fine
He’s tried to make me go to rehab but I won’t go, go, go

Oui, le père d’Amy, qui savait clairement que sa fille avait des problèmes d’alcool, disait que ça allait passer… Un père manquant qui en a manqué plus d’une. Une attitude qui n’a pas manqué de marquer la jeune chanteuse jazz, qui est rapidement devenue dépendante affective de ses copains, pas toujours de bonne influence pour elle…

Et, chantant au monde entier qu’elle avait besoin d’aller en réhabilitation, mais qu’elle n’irait finalement pas, elle a gagné en popularité, les gens voulaient se l’arracher, les paparazzis la photographier, ses gérants faire plus d’argent.

La célébrité venait d’entrer.

Amy ne voulait pas être célèbre. Elle le dit clairement dans le documentaire lors d’une entrevue accordée aux médias.

Mais, elle a continué de chanter quand même. Trop chanter. Jusqu’à se perdre. Se perdre dans l’amour malpropre sans amour propre, l’alcool, la drogue. Se perdre tout court.

Se perdre avec tout un équipage de la célébrité autour d’elle qui a, selon moi, oublié la personne derrière la chanteuse, qui elle, s’était oubliée depuis déjà longtemps. Ils l’ont oubliée jusqu’à l’amener à des concerts auxquels elle n’avait plus la force de participer.

Ça fait qu’une bonne fois, lors d’un concert en Serbie, Amy n’a juste pas chanter. Elle était trop saoule. C’était son moyen à elle de dire aux gens que c’était assez.

Amy a cessé de vibrer le 23 juillet 2011 à l’âge de 27 ans. Sa musique, sa voix magnifique, continueront de nous faire vibrer, nous.

Ce documentaire m’a fait réfléchir sur la célébrité malsaine. Celle qui fait croire aux artistes que l’amour du public réussira à combler le vide qu’ils ont à l’intérieur, celle qui empoisonne comme une drogue, celle qui fait oublier les choses importantes de la vie. Celle qui a tué Amy Winehouse. Et pas juste elle, bien d’autres aussi.

À l’ère de la société du paraître, des médias sociaux, des vedettes instantanées, il ne faudrait pas oublier ce qui, au fond, devrait nous faire vibrer. En tant qu’individu. En tant que société.

Je suis persuadée que la réponse ne se trouve pas dans la célébrité.

Le documentaire Amy est présentement à l’affiche dans plusieurs salles de cinéma.

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