Cinéma, Musique

[Cinéma] [Musique] Lost Soul, un film d’Anik Jean

Hein? Anik Jean a fait… Un film? Yup, je vous explique : elle lance finalement l’album en anglais dont elle rêve depuis le début de sa carrière, Lost Soul. Pour marquer le coup, elle s’allie à Jean-François Bergeron pour réaliser le long métrage éponyme, un film presque muet, dont la chanteuse (qui en tient aussi la vedette) et ses musiciens interprètent la trame sonore en live.

L’album

Le résultat était excellent, mais pas tellement à cause de la musique, malheureusement. Le son un peu trash, généralement triste et lancinant, des pièces était intéressant, mais les

Ma grosse face avec mon cell imprimé dessus

Ma grosse face avec mon cell imprimé dessus

morceaux se ressemblaient beaucoup et n’étaient pas très originaux.

Bref, rien de nouveau sous le soleil.

Mention spéciale à son accent francophone très marqué et à l’anglais super basic des textes qui donnent un petit arrière-goût d’imposture à l’ensemble.

Par contre, la continuité des chansons de l’album prend tout son sens avec…

Le film

Le long-métrage m’a beaauuucoup plu. C’est l’histoire d’une mère de famille qui s’évade de sa propre vie : elle a tout pour être heureuse, mais elle décide de fuir son quotidien insipide pour vivre sa liberté en ermite. Je m’y suis beaucoup reconnue, moi qui adore l’aventure et la solitude…

Et parce que je veux tout ce que la fille a dans le film, on va se le dire – une maison champêtre adossée à la montagne, près de la plage, un vieux muscle car rouge, une famille de gars charmants, des quatre roues, une arbalète, etc.

Grâce à la trame sonore hors du commun et au rythme de progression plutôt lent de l’histoire, l’expérience était très immersive.

Les moments dramatiques m’ont donné la chair de poule et je mentirais si je disais que je n’ai pas eu les yeux humides à un certain point. L’intensité de la musique y était pour beaucoup, mais les plans très longs et l’accent mis sur les visages cristallisaient l’émotion des personnages de façon très efficace.

Le boutte pas cool

C’est lorsqu’Anik Jean a pris le micro pour faire ses remerciements que la soirée s’est franchement gâtée.

On dit qu’il y a certains moments où il vaut mieux se taire : ça, c’était le sien. Elle aurait dû savourer son succès et laisser ses comparses s’occuper du discours…

Anik et Jean-François

Anik Jean et Jean-François Bergeron

Outre un manque d’éloquence criant, un langage vulgaire et un comportement surexcité tout à fait hors de propos, elle cherchait ses mots et lançait un « Câlisse que j’t’aime! » bien senti chaque fois qu’elle remerciait quelqu’un (j’ai arrêté de compter après 12 fois), ce qui mettait clairement tout le monde mal à l’aise vu le caractère officiel du lancement.

On lui pardonne en se disant qu’elle est simplement timide et excitée de se présenter comme cinéaste, elle qui fait ses débuts dans le milieu.

Par contre, Jean-François Bergeron, son complice, nous a fait un petit résumé tout en humour du parcours du film. De l’idée au lancement, il souligne la débrouillardise dont ils ont dû faire preuve, anecdotes à l’appui : « Tsé un film quand tu vas le voir, c’est pas tant important le budget qu’ya dedans. Mais quand tu le fais, là, tout à coup, c’est vraiment important… Surtout quant t’en a pas. »

Le conjoint de la chanteuse, Patrick Huard, qui fait quelques apparitions dans Lost Soul, a également livré un message d’espoir aux artistes : « La création pour la création existe encore.

La petite famille

La petite famille

Ils l’ont fait. Sans budget, sans ambition de profit, créer pour le plaisir de l’art… ». Un court message très inspirant et livré par un Patrick Huard aux cheveux tous gris (le choc!) mais posé et souriant, fier de la réalisation de sa compagne, qui ne le lâche plus (on la comprend).

Même le petit Liam, le fils d’Anik Jean (dans la vie comme dans le film), serrait sa doudou d’une main et la jambe de maman de l’autre, un grand sourire au visage.

Une belle histoire de famille et d’amis, qui prouve qu’un bon film n’a pas besoin d’un gros budget.

Ou de dialogues.

Ou d’acteurs professionnels.

En tout cas…

Pour eux autres, ça a marché.

 

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