Culture, Lecture

[Lecture] Ce sera tout – oui, en effet.

« L’auteur (…) qualifie son livre de « machin-bouquin ». Il n’a pas fait, en tout cas, un roman comme les autres. Ses errances, ses réminiscences, ses « fragments de discours amoureux » sont scandés par des notes de bas de page chicaneuses, parfois signées par lui, mais aussi, souvent, par un éditeur colérique (…) – Ce sera tout est le lieu d’un romantisme pudiquement désespéré et d’une vraie réflexion sur l’écriture et la lecture. »

Voilà ce que promet la 4e de couverture. Un petit livre pas comme les autres, des réflexions sur l’écriture, la lecture et l’amour entrecoupées de vraies notes éditoriales, mettant en lumière le processus de création d’un roman et levant le voile sur le métier d’auteur.

Ce n’est pas ce que j’y ai trouvé.

Pour mettre un peu de piquant dans l’affaire et dynamiser un article qui s’annonçait monotone, j’ai donc décidé d’écrire ma critique dans le style même du livre. C’est parti.

Donc, ce que l’on y trouve, c’est plutôt un ramassis de notes de bas de page d’un humour douteux prenant toute la place, se moquant jusqu’à l’écœurement du manque de talent de l’auteur et mettant en scène ses questionnements « d’écriture » simplistes et superficiels.

Si elles se veulent drôles, ces innombrables notes toutes écrites sur l’exact même ton (mais insérées par des personnes différentes) sont insipides et ratent la cible. De très loin. Ça donne dans le « môssieur l’auteur », le « F-I FI N-I NI allez ouste » et dans le vocabulaire humoristique du siècle dernier (et encore).

Le roman regorge de chapitres sans titre, d’images placées là sans but, ce qui pourrait être drôle si l’auteur ne s’acharnait pas à décrire chaque petite chose originale que le livre arbore fièrement comme une tentative manquée de sortir du lot.

Les quelques passages plus sérieux relatant une histoire d’amour figée, mélancolique, sont agréables à défaut d’être franchement bons, et ne rachètent en rien l’ensemble de l’œuvre terriblement difficile à lire (à cause des arrêts/départs incessants des notes de bas de page qui sortent le lecteur du texte – quoique pour ce qu’on y trouve, ce n’est pas une grande perte).

Le roman se veut un flop (on le mentionne à plusieurs reprise dans l’ouvrage) et l’auteur se prédit une réception très mauvaise de la part des lecteurs.

Voilà au moins une chose qu’il aura eu raison de marteler. Quoique même une opinion négative émise avec passion me semble une marque de considération excessive pour cette velléité de roman sans intérêt.

Je ne le recommande pas, mais allez donc voir si vous êtes curieux. Pour ma part je l’ai fini, c’est déjà surprenant.

Ce sera tout, de Michel Gay. 168 pages à 24,95 $ chez vlb éditeur.

Article Précédent Article suivant

Vous Pourriez Aussi Aimer

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire