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[Spectacles] Du grand Marie Chouinard à la Place des Arts

Danse Danse fête sa 20e saison et c’est Marie Chouinard qui ouvre le bal avec trois œuvres qui se tiennent à la Place des Arts du 26 au 30 septembre.

Hier soir avait lieu la première nord-américaine du programme double Le Cri du monde et Soft virtuosity, still humid, on the edge, en performance ce soir encore. Jérôme Bosch : Le jardin des délices s’emparera des planches du théâtre Maisonneuve les 28, 29 et 30 septembre.

Marie Chouinard, plus qu’une chorégraphe

Récipiendaire de plusieurs prix, Marie Chouinard, chorégraphe, est également directrice générale et artistique de la compagnie Marie Chouinard fondée en 1990, présidente fondatrice des Prix de la danse de Montréal, artiste associée de la Danse au Centre national des Arts du Canada et directrice de la dansée la biennale de Venise. La particularité de ses œuvres réside également dans le fait qu’elle est aussi auteure, conceptrice d’éclairage, scénographe et réalisatrice. Tout un mélange que j’ai pu constaté hier soir. Étant de la toute première saison de Danse Danse, Marie Chouinard s’est vue offrir naturellement le coup d’envol de ses 20 ans par ses directeurs Caroline Ohrt et Pierre des Marais.

Il faut être ouvert à la danse contemporaine et savoir l’apprécier pour embarquer dans l’univers de la chorégraphe.

Bien que les deux œuvres que j’ai vues sont des performances incroyables, je n’ai pas ressenti le même plaisir pour chacune d’elles et mon avis est très mitigé sur mon expérience de la soirée. En tout cas, c’est tout un show, c’est le cas de le dire.

Le Cri du monde

Ce qui se passe sur scène pendant 40 minutes est incroyable. On entend beaucoup de bruit, de souffle, de sons. Les corps s’articulent autour de cette trame sonore, parfois silencieuse. Je suis complètement aspirée par la performance de ces 12 danseurs aux corps déambulant tantôt en groupe, tantôt en duo, tantôt en solo. Ce cri du monde est une étude sur le morcellement morphologique qui utilise l’architecture corporelle pour illustrer les forces et les tensions qui nous habitent. Ça marche, j’embarque. Ma respiration est prise en otage et suit la leur – c’est à couper le souffle. Je ne m’imaginais pas à ce point comment il était possible de bouger de cette façon.  D’une précision impeccable, chaque membre et chaque danseur s’engage dans un mouvement improbable, tout en élégance. Cette œuvre est définitivement unique en son genre et est pour moi une magnifique découverte. Seul bémol, certains jeux de lumière m’ont fait cligner des yeux à plusieurs reprises. Marie Chouinard aime définitivement surprendre son public.

Photo © Nicolas Ruel

Soft virtuosity, still humid, on the edge

Les danseurs se déplacent d’un rythme effréné à extrême lenteur qui nous font explorer diverses temporalités. Alors que les danseurs se déplacent dans des démarches plutôt inhabituelles, ils se prêtent à un jeu au-delà de la danse – on assiste à une réelle performance théâtrale. Lorsque je disais plus haut que Marie Chouinard est également réalisatrice, ça parait dans cette œuvre où certains moments sont filmés en direct sur grand écran. On y voit les expressions faciales des danseurs, exprimant tant la peur que le désarroi ou le plaisir. Marie Chouinard voulait mettre l’emphase sur le visage, c’est plutôt réussi. Mitigée disais-je? Je ne suis pas une grande fan de cette deuxième partie. Bien que le talent de la chorégraphe et des danseurs est déchiffrable sans grande peine, la lenteur dans laquelle nous plonge l’œuvre me met dans une attente qui s’est transformée en malaise. La troupe se rassemble et se déplace lentement – sur l’écran, on a l’impression de les voir au ralenti. Si l’exercice est remarquable, je l’aurais sûrement mieux apprécié s’il n’avait pas occupé la majorité de l’œuvre. La fin vient toutefois mettre un peu de douceur suite à ce marathon de lenteur avec une danseuse immaculée, tournoyant sur elle-même au milieu des autres danseurs, puis on nous plonge abruptement dans l’obscurité.

Extrait Vidéo

Jérôme Bosch : Le jardin des délices

À voir les 28, 29, 30 septembre au Théâtre Maisonneuve.

Maïté nous en parle bientôt sur le blogue !

 

Le Cri du monde + Soft virtuosity, still humid, on the edge

27 septembre, Théâtre Maisonneuve, 20 h

40 min + 50 min (Entracte de 20 min)

Rencontre avec les artistes après le spectacle

Billets 

Jérôme Bosch : Le jardin des délices

28, 29, 30 septembre, Théâtre Maisonneuve, 20 h

75 min sans entracte

Rencontres avec le artistes après le spectacle le 29 septembre

Billets 

 

 

 

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