Art de vivre, Histoire de filles

[Aventures] Les fois où j’ai été trop naïve en voyage

Je suis blonde. Oui, dans ma couleur de cheveux, mais ce que je veux dire, c’est que quelquefois, je suis mentalement blonde… Je suis une fille naïve et il m’arrive souvent de me faire avoir à cause de ça. Je m’assume et j’amuse mes amis. Je suis la fille qui pogne le plus aux fausses histoires. Jusqu’à maintenant, c’est drôle, parce que c’est pas si grave de croire qu’un tigre pourrait se reproduire avec un lion et créer une nouvelle race ou n’importe quelle anecdote inventée par mes amis pour rire à mes dépends… mais en voyage, être naïve, c’est un peu moins pratique. Voici quelques aventures que ma naïveté (ou parfois stupidité, appelez ça comme vous le voudrez) m’a fait vivre en voyage et les apprentissages que j’en retire.

 

La fois où j’ai payé des roses bien trop cher…

Nous étions à Rome, ma compagne de voyage et moi, et nous marchions dans les rues pour nous familiariser avec la ville. C’était notre première journée dans cette ville à l’odeur un peu louche et à la chaleur suffocante et nous étions deux touristes pas du tout préparées aux attrape-touristes pourtant répandus dans les grandes villes. Dans une rue, un homme nous aborde dans un anglais plutôt approximatif et « offre une rose aux jolies demoiselles », nous refusons d’abord parce que de toute façon nous n’aurions rien à faire avec deux roses, mais vu son insistance, nous les acceptons finalement. Il nous offre ensuite de nous prendre en photo avec son bouquet, sceptiques, nous cédons quand même parce que ça semble vraiment lui faire plaisir et qu’on ne sait pas vraiment comment refuser… Alors que nous partons, roses et photos en main, l’homme nous interpelle en nous disant que « son cadeau mérite un peu d’aide… » tout en faisant signe de la main qu’il veut un peu d’argent. En bonnes québécoises, nous nous entendons lâcher quelques mots peu polis que je vous épargnerai, un peu fâchées de s’être faites avoir si facilement. Je fouille mes poches et trouve un euro, je lui donne. Mon amie, ayant beau retourner son sac, n’a que des billets de 20 euros, alors qu’il ne me reste qu’un billet de dix. L’homme nous dit alors qu’il n’y a pas de problème, il a du change. Nous lui donnons le dix euros et il nous rend… cinq euros et se sauve en courant. Bref, comment, dans un voyage à budget serré, dépensé 6 euros (une dizaine de dollars) pour deux roses que nous n’avons pas conservées et une anecdote peu glorieuse sur comment un vieil homme nous a vendu un cadeau. La morale de cette histoire? Les gens ne font pas de cadeaux, que ce soit des roses, des cartes routières (ça, c’était à Paris et on ne s’est pas faites avoir!) ou autres choses, tant de gens essayeront de vous soutirer de l’argent quand ils verront que vous êtes des touristes, ne vous faites pas avoir trop souvent…

La fois où j’ai acceptée de me faire prendre en photo par un touriste indien…

Alors que ma compagne de voyage faisait la sieste à l’auberge, je décide d’aller prendre une marche autour de la cathédrale St-Paul, à Londres. Je m’assois sur un banc et regarde la pluie (il pleut toujours à Londres!) tomber quand un touriste me demande si je peux prendre une photo. Je ne suis pas surprise, depuis le début du voyage de nombreuses personnes voyageant seules nous ont demandé de les prendre en photo devant des monuments pour avoir des souvenirs, j’accepte donc en souriant. Il me dit de rester là où je suis et commence à me photographier, surprise, je ne sais pas trop comment réagir. Je lui demande alors si je dois le prendre en photo, il accepte, je prends quelques clichés de lui devant la cathédrale, lui rend son téléphone (parce que oui, il prend ses photos avec son cellulaire ?!) et m’apprête à le quitter quand il me demande s’il peut prendre une photo avec moi, parce que c’est plate quand on voyage seul de ne pas avoir des photos avec d’autres gens. Je ne suis pas à l’aise, mais je suis trop gentille pour refuser, parce qu’au fond, il n’est peut-être pas méchant (je l’ai déjà dit que je suis naïve) après cette photo, il me demande si je voyage seule, je commence à trouver ça louche, je réponds que non et que je dois quitter parce que mon amie m’attend et va se demander où je suis. Il me demande de prendre une dernière photo… derrière la cathédrale! Et il m’offre le café pour s’excuser de m’avoir mise en retard. Je refuse poliment en insistant sur le fait que je dois partir, MAINTENANT. Il me retient par le bras, je me dégage rapidement et part sans plus de cérémonie. Le plaisir des voyages, pour moi, c’est de rencontrer de nouvelles personnes, mais mesdames, reste que des jeunes filles qui voyagent sont toujours un peu à risque, écoutez votre instinct et n’ayez pas peur de vexer quelqu’un. Ne soyez pas trop gentilles, mon anecdote n’est pas bien grave, elle se termine bien, mais elle aurait pu mal se terminer. Après avoir raconté mon aventure à Claudelle, elle a refusé que je me promène seule à nouveau, je suis trop blonde selon elle…

 

La fois où je n’ai pas menti sur mon statut relationnel…

Je suis avec mon ami, dans une petite ville des Philippines, nous avons manqué le dernier bateau pour notre destination et nous allons devoir nous rendre dans le seul hôtel de la ville. Le problème? Pas de transport à l’horizon. Notre seule possibilité, c’est de payer deux motocyclistes pour nous amener, nous et tous nos bagages à destination. Prix négocié, c’est parti. J’embarque sur la moto de l’homme qui conduit le plus lentement au monde. Il me fait la conversation, me demande si Karl est mon mari (ils se marient jeunes aux Philippines…) C’est le moment où j’aurais pu mentir, la porte était grande ouverte! Mais non, j’ai ri et dit que « non, il n’est pas mon mari » Puis, pour en rajouter, à la question « as-tu un copain dans ton pays? » J’ai de nouveau répondu par la négative! J’ai alors eu droit à un surplus d’intérêt de la part de ce Philippin dans la quarantaine qui devait me croire riche, parce vous savez, je suis blanche… Bref, j’ai été très inconfortable, coincée contre lui sur une moto alors qu’il me disait de me tenir sur sa taille et qu’il me proposait d’être de nouveau mon chauffeur le lendemain… Du moment que tu es blonde et blanche aux Philippines, tu es bonne à marier, alors j’étais un peu inquiète! Le lendemain, j’ai simplement dû me coincer de nouveau sur sa petite moto, parce que cette fois, il avait décidé qu’il pouvait amener Karl et moi sur la même moto! Pour éviter les locaux légèrement insistants parfois, je ne pense pas que ce soit mal de mentir… touristes célibataires de ce monde, pour voyager en paix en Asie, vous avez le droit de vous inventer un mari, car cette anecdote n’est qu’une parmi tant d’autres sur ce sujet…

La fois où je me suis dit que la lavande était optionnelle

Vous savez, quand on était jeunes, on se faisait toujours dire que les poux n’allaient pas seulement dans les cheveux sales, que ça pouvait aussi aller dans nos beaux cheveux propres et que c’était pour ça qu’il ne fallait pas échanger nos chapeaux avec tous les amis… Et bien, c’est aussi vrai pour les draps. Ce n’est pas parce que le lit a l’air propre qu’il ne s’y cache pas une colonie de vermines qui veulent envahir ton cuir chevelu et te dévorer à petit feu. Alors le jour où ma mère m’a donné de la lavande avant mon départ en me disant d’en mettre un peu sur moi et surtout dans les lits pour éloigner les insectes, j’aurais dû l’écouter. Naïvement, j’ai cru que ce n’était pas si répandu, que de toute façon, ça ne peut pas survivre dans des draps, que les draps avaient été lavés… bref, je me suis retrouvée avec des amis (non, pas vraiment) dans la tête trois semaines avant mon retour au Québec. Pour ceux qui sont naïfs comme moi, je vous apprends comme je l’ai appris que des poux, ça se multiplie drôlement rapidement. Évidemment, aux Philippines, il n’y a pas de traitement contre les poux, j’ai donc dû passer une semaine à me faire des shampoings vinaigre (OUCH!) et huile… ça donnait l’impression que j’avais fait de la salade de choux dans notre salle de bain… Quand je suis finalement rentrée à la maison, j’avais la tête dévorée et la première chose que ma mère m’a dite, après deux mois d’absence, fut « touche-moi pas, va dans douche, fais ton traitement, on se parlera après! » Merci pour l’accueil…
À partir d’aujourd’hui, la lavande sera la chose la moins optionnelle dans mes voyages, plus jamais je ne vivrai cette horrible sensation.

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