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[Général] Les Chroniques d’Une «Presqu’adulte» : Songes insomniaques

Je me revois il y a un an; célibataire, libre, fonceuse, téméraire. J’avais tout plein de problèmes, mais je m’en foutais. Je menais mon p’tit train; ”fake it ‘till you make it” qu’ils disent… Je croyais que j’avais tellement fait semblant que j’y étais arrivée, à la paix d’esprit. Et puis l’Amour est venu à mon appartement regarder des films de Disney et cuisiner des croustades. Et ça en a été terminé du vide dans mon cerveau. J’ai commencé à arrêter de me foutre de tout.

J’ai arrêté de me foutre d’être pauvre, car tout d’un coup, être pauvre nous empêchait de faire des sorties l’fun. J’ai arrêté de me foutre d’avoir des dettes, car maintenant un mauvais crédit devient directement proportionnel à échouer à avoir un prêt pour s’acheter une maison. J’ai arrêté de me foutre de ma job insignifiante, car c’est pénible pour lui de toujours me voir rentrer de mauvaise humeur. J’ai arrêté de me foutre de ne jamais finir mon baccalauréat… En fait j’aurais voulu l’avoir fini hier pour pouvoir commencer à faire des enfants ce soir. J’ai arrêté de me foutre de ma santé parce que ça a commencé à affecter une autre personne que moi.

Puis comme ça, graduellement, alors que mon coeur devenait de plus en plus léger, mon esprit s’alourdissait de jour en jour, tel un fardeau. Alors que je venais de passer les trois dernières années à voguer dans la vie avec insouciance et sans trop réfléchir, je prenais soudainement conscience que de vivre dans le déni de mes responsabilités ne pourrait pas me mener très loin. Je prenais soudainement conscience que je devrais affronter mes démons si je voulais réussir à aller mieux.

Pis là, le fardeau de mon âme s’est déchiré sous son poids, laissant s’échapper une tonne de briques, m’ensevelissant, m’étouffant, m’écrasant.
Je suis tombée en dépression.

crédit: Christian Hopkins

crédit : Christian Hopkins

Et comme si c’était pas assez, comme si je ne me sentais pas assez perdue, les gens ont commencé à s’intéresser à mon cas.
-«Hein, mais pourtant elle souriait ce matin, elle allait très bien»
-«Ben voyons, une dépression à 25 ans? J’y crois pas, elle a rien vécu.»
-«Moi je connais une personne en dépression et elle a l’air d’être plus malheureuse que toi, mais en tout cas..»

crédit: Christian Hopkins

crédit : Christian Hopkins

Et pis mon médecin m’a mise en arrêt de travail, pour que je me repose. Mais j’y arrive pas; je me sens coupable. Oui. Je stresse plus que jamais alors que je suis supposée relaxer. Car si je reste enfermée chez moi, mon entourage me conseille de sortir et me changer les idées, mais si je fais ‘trop’ d’activités, on crie à la supercherie, on chuchote  que je me paie des vacances à mes frais. Vraiment (?). Les gens croient que je trippe ben raide à angoisser chez nous, toute seule, sans distraction, sans revenu. Yup.

crédit: Christian Hopkins

crédit: Christian Hopkins

En attendant, j’essaie tout de même de m’aider. Je lis beaucoup, je recommence à peindre, j’essaie d’écrire régulièrement. Et j’ai MonLove pour m’épauler. Je sais que je peux m’en sortir. Mais en même temps, l’idée d’une vie normale me semble tellement floue que j’arrête d’y croire. Ça fait que j’arrivais pas à dormir cette nuit. Au lieu de me débattre, je me suis levée et j’ai écrit ce texte, d’une traite.
En espérant que plus de gens comprennent.
En espérant alléger mon esprit un peu.

Crédit: Christian Hopkins

Crédit: Christian Hopkins


*PS toutes les images inclues dans ce billet sont de l’artiste Christian Hopkins.

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1 Commentaire

  • Répondre Les Chroniques d'une «Presqu'Adulte»: Cheers! | Web et Mascara 18 novembre 2015 a 13 h 06 min

    […] bref, tout ça pour dire que, non, je ne suis pas encore totalement sortie de ma dépression, mais j’ai comme un second souffle, un regain d’énergie nowhere et je me dis que c’est […]

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