Art de vivre, Général, Histoire de filles, Société

[Histoire de filles] Dans les souliers d’une “Expat”

C’est toujours bien facile de trouver ça cool les gens qui vivent dans un autre pays!                 

Après tout, qui n’a jamais voulu vivre «autre chose »?

Trop souvent, on les envie ceux-là, ceux qui l’ont cette chance. On les envies oui, mais sans vraiment savoir pourquoi ou sans trop se poser de questions. La chanceuse ici, c’est moi! Mon chum et moi avons eu le luxe, ou la chance, d’avoir pu choisir de nous installer à l’autre bout du monde, soit à Séoul. Parce que premièrement, oui on trouvait cela attirant l’inconnu et l’expérience de vivre dans un monde loin de notre réalité et avouons-le, ça sort un peu de l’ordinaire!

v

 

Bien que d’avoir envoyé en cargo toute ma vie à Séoul par choix, bien il reste qu’encore des fois je me demande  « Mais qu’est-ce que je fais ici?! »

Car pour plein de raisons, habiter à l’étranger n’est pas toujours évident :

  • Pour le couple;
  • Pour moi qui est ben trop ennuyeuse et qui se pense beaucoup plus Power Ranger que Pokémon;
  • Pour tous les changements de vie que ça implique
  • Et surtout, pour le fait de ne jamais s’adapter à une différence de 13 ou 14 heures avec ton monde et de voir tranquillement tes amitiés se diluer.

Mon ennui passe et repasse. L’adaptation, elle par contre, je la vie en continu. Je m’adapte à mon nouveau rythme de vie, à ma nouvelle profession du moment que j’adore et tranquillement, je me redécouvre. Et même si les 6 premiers mois ont été assez difficiles, jusqu’à ce jour, je crois avoir vécu la meilleure chose qui soit : apprivoiser la personne que j’étais devenue sans me coller un titre sur le front. Et oui, on dirait que j’avais oublié que j’étais avant tout une amoureuse, une amie, une espiègle, une sœur, une rêveuse et une aventurière… et non pas seulement un titre ou une profession. Quoique super important et valorisant, cela ne donne pas nécessairement toujours l’heure juste sur ta personne, en tous cas dans mon cas.

Être « Expat » ça veut dire te battre un peu à tous les jours…                                                        

Pas avec les poings là!

11169053_10153222099985040_693790540_n

Ma Alien Card. Je suis maintenant une Extra-terrestre… Super !

Ok! J’avoue que des fois ça me traverse l’esprit. Surtout quand je me fais bousculer par une mamie pressée ou couper au volant quand j’ai priorité… Mais ici, la hiérarchie l’emporte sur tous les règlements. Me battre à ma façon afin de me faire comprendre, pour que mon taxi m’amène chez nous sans faire de détours, pour accepter la nouvelle culture, pour me faire une place dans ma nouvelle société qui est encore un peu fermée aux étrangers. Me battre pour trouver du vin qui a du sens, ou juste trouver un pain normal qui ne goûte pas le sucre, ou n’importe quel autre produit alimentaire qui n’est pas à la saveur populaire de fruits de mer (loin d’être mes préférés!)

La barrière de la langue est devenu mon ennemi numéro un  et, comme tout le monde, je recherche un peu de repère afin de me sentir chez nous, malgré le malgré.

C’est bien beau, vouloir faire comme si tu faisais partie de la gang, mais la gang n’a pas eu le mémo on dirait et tu te rends compte que tu es devenue, du jour au lendemain, la minorité visible, l’étrangère. Ok, je sais il n’a rien de mal là-dedans, et loin de moi l’idée de faire pitié, mais des fois ça frappe, c’est tout. Il y a des jours beaucoup plus difficiles où rien ne fonctionne, personne ne te comprends, que tu te perds et que ton ami le cellulaire n’a plus de batteries pour t’aider… Disons qu’après ces journées d’aventures, mon Skype se fait aller et l’envie d’aller au St-Hubert me prend…

photo

 

Par contre, juste au bon moment, parfois il y a des journées où la diversité t’émerveille, où la différence t’intrigue et que tes rencontres viennent tout apaiser et te fait comprendre le pourquoi.

 

En fait, ce que j’essaie de dire, c’est que même si je vis un peu trop souvent de moments « lost in translation », bien on finit toujours par s’habituer, aussi surprenant que cela puisse paraître. Sans vraiment s’en rendre compte, un matin tout bonnement, on réalise que ça y’est on est « adapté », que les montagnes ne te bloquent plus la vue et que tout ce qui te dérangeait s’installe tranquillement derrière toi. J’aime vraiment ma vie à Séoul et j’en ai appris énormément en passant beaucoup de temps de qualité avec moi-même. Même si on pense que tout a l’air plus beau, plus l’fun et plus vert ailleurs, bien ça commence pas mal ici dans ton chez toi. Vivre à l’étranger est une occasion unique qui change une vie, qui dénature ta réalité et te forge des nouveaux sens.  Ça te permet également de prendre un beau gros break de tout ce que tu connais et de te redécouvrir, souvent pour le meilleur et pour le pire. Là, faut voir ici que je constate, je ne chiale pas, car si vous saviez la chance que j’ai d’être ici et de vivre ce que je vis. Je remplis mon sac d’expériences (drôles, tristes, malaisantes, irréelles, etc.) tout en raccommodant les petits trous en court de route.

Ça vient avec son lot de claques, mais c’est ce qui fait son charme. Que ce soit moi ici ou eux ailleurs, tout le monde est dans le même gros bateau, seulement avec des destinations différentes. Disons que si j’ai la chance de me réétablir un jour à Montréal, j’aurai acquis une nouvelle sensibilité face à tous ceux qui ont pris le Canada comme nouvelle terre d’adoption.

Depuis maintenant 1 an, j’essaie de me faire un chemin, de goûter ce que ma limite me permet, de vivre à mon rythme, de visiter l’Asie et même d’apprendre une nouvelle langue. Pas toujours facile, mais sentir son esprit s’aérer de nouveautés est rafraîchissant et, surtout dans mon cas, quelque chose que je n’avais pas pris le temps de faire avant. Je réalise que des fois, sortir de sa zone de confort, aussi difficile que ce soit, peut t’enrichir d’expérience et peut t’enlever quelques barrières qui traînaient sur ta route.

11178505_10155410409085307_1082184536_n

Donc la chanceuse, oui c’est moi, mais c’est aussi un peu chaque personne qui ose changer, peu importe la grosseur du changement. Qui sait ce que l’avenir nous réserve?

D’ici là je me contenterai de profiter! Peut-être que bientôt, je vous vanterai les fameuses chips aux crevettes et fraises… Peut-être ..

 

 

 

 

[1] Source photo principal: www.patheos.com

Article Précédent Article suivant

Vous Pourriez Aussi Aimer

6 Commentaires

  • Répondre Katka 23 avril 2015 a 21 h 19 min

    Aaaaaawwwwwh c’est beau ça Jen!
    Profites des sakura (cerisier en fleurs? Right?) pour nous 🙂

    • Répondre Jenevieve Osborne 27 avril 2015 a 7 h 21 min

      Salut Katka !

      Oui exactement 🙂
      Il y a plusieurs noms pour les cerisiers : Cherry blossom, sakura et beot-ggot “??”

      Promis, j’en profite le plus possible et je partagerai quelques photos d’ici peu !

      Au plaisir et merci de ton commentaire Katka!

  • Répondre Joanne 25 avril 2015 a 6 h 50 min

    Quelle belle description de ton vécu et oui vive à l’étranger forge un caractère et ajoute un lot d’expérience et d’apprentissage. Félicitations pour cette page si bien rédigé, ça nous permets de suivre une Ex-Pat en pleine action et te découvrir davantage.. J’ai déjà hâte à la prochaine page.

    • Répondre Jenevieve Osborne 27 avril 2015 a 7 h 27 min

      Je sais bien que c’est toi Maman. Haha
      😉

      Merci pour tout ces beaux mots d’encouragement!
      Cela me permet de partager quelques tranches de vie et j’essaye de rendre cela le plus amusant et intéressant possible !!

      Merci de toujours m’appuyer

      xx

  • Répondre Tante Diane 25 avril 2015 a 18 h 51 min

    Ma chère Jen, tu es une femme vraiment épanouie et tellement aventureuse que c’est difficile pour moi (prudente et peureuse, hi, hi, hi) d’imaginer ce que tu vie jour après jour a Seoul! Alors bravo, ton blog est super! Tu as une perspective eblouissante et positive de tes aventures, bonnes ou mauvaises come Expat dans un pays ou le language, la nourriture et les coutumes sont tellement différents! You go girl! Gros bisous! xoxoxoxoxoxo

    • Répondre Jenevieve Osborne 27 avril 2015 a 7 h 34 min

      Ah, je suis vraiment contente de pouvoir te faire vivre quelques unes de mes péripéties outre-mer.
      Merci d’avoir pris le temps tante Diane de m’encourager et de m’écrire !

      Merci de l’appui !

      xxx

    Répondre à Jenevieve Osborne Annuler le commentaire