Art de vivre

[Histoire de filles]Les Chroniques de Paulychinelle : Petites histoires d’adoption.

J’ai toujours été une amoureuse des animaux. Je me rappelle un soir, j’avais p’t’être 7 ans, il s’était mis à grêler intense dehors. Ma mère nous avait alors dit, à mon petit frère et à moi, de ne pas avoir peur, car nous étions protégés par la maison. J’avais alors éclaté en sanglots parce que «pis les z’animaux dehors, eux??? Ils vont se protéger comment???!!!» Je suis ce genre de personne, bin bin sensible au bien-être animal depuis ma tendre enfance. L’ironie est que je suis allergique aux animaux ET asthmatique, ce qui fait que les animaux à poils étaient bannis chez nous. L’année de ma première communion, j’ai prié chaque soir avant de me coucher; je priais Dieu de me donner un chien à ma fête. Quand cette journée est arrivée et que je n’ai pas eu mon chien, j’ai arrêté de croire à Dieu. #nonbeliever #truestory

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Mini et moi, l’été de mes 19 ans.

Par contre, est arrivé un miracle quand j’avais environ 11-12 ans : une chatte errante est venue miauler devant notre porte. Elle était sauvage, vraiment weird pis pas fine, mais je l’aimais. Chaque matin, je me levais à 6 h 30 et je marchais jusqu’au dépanneur avec mon argent de tirelire ; j’attendais que le dépanneur ouvre, j’achetais une canne de bouffe à chat et je courais nourrir la chatte avant que mes parents se lèvent. Les jours passaient, et mes parents ne comprenaient pas pourquoi la chatte collait autour. Un beau jour, la chatte a mis bas. Car oui, comme toute jeune chatte abandonnée, elle n’avait pas été stérilisée. Pis comme elle était bin chix, Mini (c’est ainsi que je l’ai nommée) faisait fureur auprès des matous du voisinage. Enfin bref, on a gardé Mini et un de ses bébés, et ils ont vécu environ 10 ans dans notre garage et dehors. Mes parents n’ont jamais voulu les rentrer dans la maison à cause de mes allergies et du ménage, mais au moins ils semblaient être heureux. On les nourrissait bien, on les brossait, on les flattait, on les soignait, tout le kit. Et ce, jusqu’à la fin de leur vie. J’ai pleuré pendant des semaines lorsqu’ils sont morts. Puis j’ai vécu une vie sans chat. Pendant environ 3 ans.

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Hubert et moi.

Hubert.

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Crédit : moi.

Suite à ma rupture avec l’Autre, j’ai vécu 2 ans chez mes grand-parents. À l’Halloween 2012, ma tante est revenue de son rendez-vous à Québec avec un chaton noir tout maigre. Elle l’a trouvé sur le bord d’une station service près de l’autoroute 20. Il se tenait assis sur le côté du bâtiment. Quand elle a demandé à la caissière des informations sur le chaton, et qu’elle s’est fait répondre qu’il était là depuis presqu’une semaine sans eau ni nourriture, ma tante a décidé qu’elle partait avec le petit orphelin. Le vétérinaire l’a examiné et a dit à ma tante qu’il ne risquait pas de s’en sortir, mais qu’on pouvait essayer de le sauver. Ma tante a apporté le chaton chez mes grand-parents et me l’a confié. Je l’ai nourri à la cuillère parfois pendant environ 4 jours, puis nous avons compris que nous avions réussi à le sauver.

Je l’ai appelé Hubert, comme le beau Hubert Harvey de la 9e saison d’Occupation Double (bin quoi, je trippais dessus), et j’ai toujours pensé qu’il était mon porte-bonheur. C’est un chat vraiment spécial, très intelligent et doux. Il vient toujours se coller quand je pleure, il accourt quand je mets de la musique, et il joue à la tag quand il est énervé. Hubert, c’est le chat que tous mes amis veulent me voler.

 

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Hanna pleine de love, et moi.

Hanna.

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crédit: moi.

En avril 2014, je partais bientôt de chez mes grand-parents pour retourner en appartement, et je cherchais un arbre à chat lorsque j’ai vu un minuscule chaton courir dans le fond d’une animalerie. Je l’ai suivi et j’ai réussi à l’attraper. COUP DE FOUDRE. La propriétaire m’a expliqué que cette petite chatte de 8 semaines avait été abandonnée sur une ferme avec ses trois frères et sœurs. Cette animalerie avait comme politique de ne vendre aucun chat ou chien, mais s’était donné comme mission de recueillir les chatons abandonnés et de les vendre déjà stérilisés pour s’assurer de faire leur part dans la problématique de la surpopulation féline. Je suis revenue chez moi, un poids sur le cœur, me disant qu’un chat, c’était déjà assez en appartement. J’y suis retournée le lendemain pour l’adopter en me disant qu’il fallait une amie à Hubert dans le nouvel appartement. hihi Je l’ai nommée Hanna, comme Anna dans la Reine des neiges, parce qu’elle a une mèche blonde sur le front.

S’avère que, Hanna, ou plus communément appelée Pouppie, la Poupster ou Grosse Poire, est une folle. Elle court tout le temps, elle lance tout par terre (incluant Feu, mon poisson), et elle mange tous les fils d’écouteurs ou de chargeurs qu’elle trouve. Je passe la moitié de mon temps à me fâcher après elle et à découvrir des mauvais coups de sa création. Elle gosse. Vraiment. Mais c’est aussi la chatte la plus inconditionnally in love avec moi et les gens en général. Elle peut être assise à côté de moi sans bouger pendant 15 minutes, et je ne fais que tourner ma tête vers elle qu’elle va se mettre à ronronner comme un avion. Elle est adorable. Hanna n’a aucune malice, elle n’a jamais mordu personne malgré qu’on la bardasse souvent pour jouer. Je l’aime d’amour.

La petite chatte.

La petite chatte.

Rose.

L’année passée, je travaillais comme agente de sécurité de nuit à la faculté de médecine vétérinaire de St-Hyacinthe (une femme aux mille compétences, moé), et lors de ma ronde, je devais passer par le refuge du bâtiment. Une de mes collègues et moi-même avions des petits préférés parmi les animaux que nous y trouvions. C’est ainsi que j’ai connu cette petite chatte atteinte du virus immunodéficient félin, pensionnaire au refuge depuis environ deux ans. Apparemment, elle aurait été trouvée errante dehors à un peu moins qu’un an. Selon l’opinion de ceux qui s’occupaient d’elle, probablement avait-t-elle été négligée et frappée à la tête de façon régulière, car même après deux ans à s’occuper d’elle, elle ne se laissait pas apprivoiser et se recroquevillait lorsqu’on la caressait. Mon cœur s’est brisé pour ce petit animal méfiant mais si touchant. Après 6 mois à aller lui rendre visite, je me suis rendue compte que peut-être personne ne voudrait l’adopter. Qui veut d’un chat adulte, sauvage, et malade? Ça n’a pas été facile parce qu’à ce moment-là, je n’étais plus seule à prendre des décisions, et MonLove trouvait (avec raison) que deux chats, c’était déjà assez. Mais je lui ai dit «Viens, on va aller au refuge, je vais te la montrer, et si tu me dis encore non là-bas, je n’insiste pas». Une fois sur place, la bénévole qui avait pris la chatte sous son aile nous a conté son histoire. MonLove n’a pas pu résister, son cœur s’est brisé lui aussi.

crédit: moi.

crédit: moi.

On a décidé de la ramener chez nous. Les gens du refuge étaient tellement heureux d’enfin voir leur pensionnaire se trouver un foyer (ils n’y croyaient plus) qu’ils ont pleuré! Nous aussi nous étions contents, mais je dois vous avouer que ça n’a pas été facile, mais pas du tout. Ça va faire presqu’un an que Rose (parce qu’elle est toute petite et belle) fait partie de la famille, et je vous dis : ça ne fait que quelques mois qu’elle se laisse approcher et manipuler, elle a commencé à ronronner quand je la flatte genre le mois passé, et elle a OSÉ venir vers moi pour la première fois la semaine passée. C’est un travail de chaque jour, c’est souvent décevant et frustrant, mais nous sommes tellement fiers lorsqu’elle se laisse aller un peu. Elle ne sera probablement jamais colleuse, mais je me dis qu’elle est bien pareil avec nous. Elle a passé sa vie à se faire maltraiter, à errer et à se faire rejeter. Nous, on lui offre une belle vie dans notre famille. Et elle aime TELLEMENT Hubert, elle le suit partout où il va. Elle est attendrissante.

Le trio de l'enfer.

Le trio de l’enfer.

Docteur Watson

Toujours à la faculté de médecine vétérinaire, j’ai adopté Docteur Watson (c’est MonLove qui a choisi le nom, il y tenait). Je suis plus une femme de type chats, mais j’ai toujours voulu un chien. Je me disais que ça serait pour quand j’aurais une maison. Mais une semaine avant de démissionner de mon contrat à St-Hyacinthe, j’ai croisé le chemin de ce petit chien bâtard, un croisement entre un shih tzu et un yorkshire probablement. (Moi j’aime bien dire que c’est un croisement entre Yoda et un eWok. Car il n’est pas très beau le pauvre, une physionomie particulière disons, il a son style.) Et je suis tombée en amour. Apparemment l’ancienne propriétaire de Watson était une dame alcoolique qui battait ses animaux. Par une belle journée où elle passait par un parc en frappant son chien, une étudiante l’a interpellée en lui disant que ça ne se faisait pas. Imaginez-vous donc que la dame a droppé son chien dans les bras de la fille en lui disant «Bin prends-le! J’en veux pu!» Bien évidemment, lorsque j’ai entendu l’histoire, j’ai fondu. Je suis retourné chercher MonLove, pas fermé à l’idée d’avoir un pitou, et nous sommes allés remplir la demande d’adoption au refuge. Nous étions 5 familles en lice pour ramener le petit coco chez nous, et c’est nous qui avons hérité de ce beau cadeau!

crédit: moi.

Crédit : moi.

Nous étions complètement sous le charme! C’était à se demander si le passé d’abus du chien n’avait laissé aucune marque. Jusqu’à ce qu’on doive s’absenter de l’appartement. Oh.My.God. L’anxiété, c’est l’anxiété qui faisait office de blessure chez Watson. Dès qu’on quittait le logement, il se mettait à hurler, et je ne dis pas japper ou chigner : HURLER, carrément. On revenait et il avait pissé partout, mâchouillé certains objets et dérangé le voisinage. Nous avons été pris de court. Heureusement, le refuge offrait un bon suivi vétérinaire auprès de ses adoptions.  Nous avons consulté, et nous avons mis en place un encadrement positif pour le chien. Il prend un médicament pour l’instant, bien sûr, mais aussi on s’assure de le faire marcher 2 à 3 fois par jour, on suit des rituels quand on arrive et quand on part, on travaille fort. Car faut-il le mentionner, notre cher Watson n’avait jamais appris les commandes de base ni été stérilisé. Un bon contrat disons. Mais on a réussi, ou en tout cas, en partie. Il s’améliore chaque jour, même s’il y a des moments plus difficiles. Mais c’est un contrat qu’on a signé avec notre cœur et on va s’y tenir!

crédit:moi.

Crédit: moi.

Notre petite famille poilue, c’est notre petit clan du bonheur. C’est beaucoup de travail, on fait constamment du ménage et de la discipline, mais les moments qu’on passe tous ensemble, ça vaut de l’or. Et les allergies dans tout cela? Le corps s’habitue. Oui, j’ai toujours le nez bloqué. Mais je m’en fiche, honnêtement.

Pourquoi je vous conte tout cela? 
Parce que je vois passer à chaque jour des photos d’animaux abandonnés et/ou maltraités;
Parce que je connais des gens qui ne stérilisent toujours pas leurs chiens et leurs chats;
Parce que j’entends trop souvent des gens dire qu’ils se sont débarrassé de leurs animaux car c’était trop de trouble;
Parce que vous devriez adopter en refuge et ne pas acheter en animalerie;
Parce que vous devez être conscient que chaque animal vient avec sa personnalité, et qu’elle n’est peut-être pas comme vous l’imaginiez;
Parce qu’il n’y a pas que les chatons et les chiots qui méritent un foyer, les adultes aussi;
Parce qu’une de mes missions de vie est la promotion du respect des animaux, et que tout cela, ça commence par la sensibilisation de son entourage.
#ProudToBeARescueMom

Et quelle est votre histoire à vous?

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1 Commentaire

  • Répondre ADOPT, Don't Shop, misère! | Web et Mascara 26 juillet 2017 a 11 h 44 min

    […] d’acheter un 2e chat, je lui ai proposé de l’emmener visiter le refuge où j’ai moi-même adopté un de mes chats et mon chien. Eh bien, ils ont eu un coup de cœur pour la belle Summer, qui est maintenant la maîtresse […]

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